06 novembre 2017

Le rapport sur les inégalités en France....un triste constat !

L'observatoire des inégalités, organisme indépendant d'information et d'analyse sur les inégalités, se propose de répondre aux lacunes de l'information statistique en procédant, à côté du constat, à des analyses et des préconisations, complétant ainsi le froid constat statistique, afin de "ne pas faire dire aux chiffres ce que l'on veut".

Il a publié au début de l'été le rapport 2017 sur les inégalités en France, le premier ayant été publié en 2015. Les données statistiques sont ici largement  commentées.
Il  est sans complaisance lorsqu'il met en évidence les insuffisances des politiques sociales, et aussi, à l'occasion d'un commentaire, lorsqu'il pointe le  paradoxe de l'un de nos principes républicains, l'égalité,  inscrite au frontispice des bâtiments publics !

Le rapport est disponible (pour un prix modique) sur le site de l'observatoire des inégalités 

Tous les domaines sont abordés : Revenus et patrimoine, Education, Travail, Modes de vie, Territoires.
A de très rares exceptions près, les écarts se creusent, les inégalités demeurent, voire s'accentuent.

Une rapide synthèse des constats les plus marquants (source Le Monde/les décodeurs)

Les revenus
Plus d'un quart des revenus se concentre entre les mains de 10% de la population, malgré le système de redistribution. Le décalage s'amplifie dans le temps (les augmentations de revenus concernent avant tout les 10% de plus riches) et entre les générations.
La moitié de la population se partage 8% du patrimoine, alors que 1% des français les  plus riches en représentent 17%.

Plus d'un millions de pauvres supplémentaires en dix ans !
Les jeunes sont les premières victimes : 900.000 enfants de moins de dix ans (11%), un adolescent sur 8 (12%), suivis par les jeunes adultes (11%) (20-29 ans)

L'éducation
Un grave problème de société demeure et s'accentue, celui de l'inégalité face à l'institution scolaire. Le constat est alarmant : plus de 20% d'enfants de parents sans emploi et 10% d'enfants d'ouvriers, ont redoublé avant l'entrée en 6è , contre seulement 3% des enfants de cadres. Dans les classes adaptées aux élèves en difficulté, 90% d'entre eux ont des parents ouvriers, employés ou inactifs. En fin de parcours scolaire, on note un gros écart de niveau de diplôme obtenu : les enfants de cadres supérieurs ou d'enseignants ont dix fois plus de chances d'obtenir un diplôme de niveau Bac+5 que les enfants d'ouvriers. 

Les chiffres sont encore plus préoccupants, concernant l’accès aux filières les plus prestigieuses : en 2015, plus des deux tiers (68,8 %) des élèves de l’Ecole nationale d’administration (ENA) avaient des parents cadres, contre seulement 4,4 % de parents ouvriers . Ils étaient également 63,7 % d’enfants de cadre à Polytechnique et 46 % dans les écoles d’ingénieurs.
L'ascenseur social semble bien en panne ! 

Toutefois, légère satisfaction, le taux d'élèves qui sortent précocement du système scolaire en France (9,7%), est inférieur à la moyenne européenne (13,1%)

Emploi, travail

Concernant l'emploi 
Le chômage touche 2,9 millions de personnes, dont 20% parmi les employés non qualifiés, contre 4% parmi les cadres supérieurs.

Mais, selon le rapport, les 2,9 millions de chômeurs ne sont que la partie émergée de l’iceberg, car il estime que 1,4 millions d’inactifs non recensés par Pôle Emploi souhaiteraient travailler, sans y parvenir (seniors, femmes au foyer…). Par ailleurs, 3,4 millions de travailleurs occupent un emploi précaire ou mal rémunéré (CDD, intérim, stages). Au total, 7,7 millions de personnes seraient en situation de « mal-emploi ».

Les conditions de travail 

Les contraintes liées au rythme de travail  (normes de production, poids  hiérarchique..): 26,4% des cadres les subissent,  54% des ouvriers qualifiés (enquête du ministère du Travail)
Les contraintes physiques touchent 7,9% des cadres, 25% des professions intermédiaires et 63,2% des ouvriers qualifiés.


En 2012, 62,6% des victimes d'accidents de travail étaient des ouvriers.


Les étrangers
5,4 millions d'emplois sont interdits aux étrangers, soit parce qu'ils requièrent la nationalité française (4,4 millions de postes), soit parce qu'ils sont soumis à la possession d'un diplôme français ou d'une autorisation spéciale.
Plus d'un emploi sur cinq serait ainsi interdit aux non européens.
Par ailleurs, une expérience de testing a montré que les employeurs, à profil équivalent, préfèrent embaucher des français.
En résumé, en 2014, 17,2% d' étrangers étaient au chômage, contre 9,1% de français, avec une très importante différence entre les étrangers non européens et les ressortissants de l'Union européenne.

Enfin, autre fait de société, l'inégalité salariale hommes/femmes, demeure, sachant qu'elle est plus forte chez les cadres (20%) que chez les ouvriers (8,9%) (les derniers chiffres parus font état d'une aggravation de l'écart qui atteint 15,8 % en moyenne)
                                          
Pour conclure,
Le rapport sur les inégalités en France, dont nous n'avons présenté qu'un très rapide et succinct aperçu, est un document  indispensable aux associations et aux bénévoles engagés, soucieux de connaître la réalité factuelle et explicite du combat qu'ils mènent en direction des plus démunis. 
Il pose la vraie question à laquelle notre société doit plus que jamais répondre, celle de l'égalité en tant que principe républicain, en commençant prioritairement par la recherche et la mise en place de mesures à grande échelle favorisant l'égalité des chances pour les générations montantes. 

.....et en attendant, les associations et les bénévoles tentent de colmater les brèches afin de donner un sens à un autre principe républicain : la fraternité


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