Une information lue il y a quelques mois sur francetvinfo.fr a attiré notre attention. L'article signalait le recrutement, en juillet, de deux jeunes syriens réfugiés, Omar et Mohamed, en tant que volontaires de service civique dans une MJC de Nancy, afin de participer à l'organisation d'évènements sportifs, festifs et culturels. Le délégué interministériel chargé de l'accueil des réfugiés, Alain Régnier, était présent à la signature des contrats : "ces jeunes ont traversé des épreuves multiples, et à travers le service civique, c'est un engagement qui va leur permettre d'être insérés dans un tissu de proximité dans lequel ils vont mieux apprendre le français. C'est aussi un tremplin vers l'emploi, donc c'est tout bénéfice pour la société française et pour eux-mêmes"
Nous avons voulu en savoir davantage ! Omar et Mohamed étaient, en effet, les premiers bénéficiaires du programme Volont'R initié par la Délégation Interministérielle à l'Accueil et à l'Intégration des Réfugiés (DIAIR), en partenariat avec l'Agence du Service Civique
C'est par décret du 22 janvier 2018, qu'a été institué un délégué interministériel à l'accueil et à l'intégration des réfugiés, à la suite duquel, une structure a été mise en place auprès du ministre de l'Intérieur, conformément au souhait exprimé par le président de la République en juin 2017.
Ses domaines d'intervention sont larges et concernent la maîtrise de la langue française, l'accès au logement, à l'emploi et à la formation professionnelle, à l'éducation et à la culture, aux droits, ainsi qu'une prise en charge sanitaire et sociale.
Ses missions : la coordination des acteurs concernés ainsi que le pilotage de la mise en œuvre de la stratégie nationale pour l'intégration des personnes réfugiées.
En partenariat avec l'Agence du Service civique, le programme Volont'R, lancé officiellement le 26 octobre dans le cadre de la journée de mobilisation de la société civile dans l'accueil des réfugiés, organisée au CNAM, propose à 1500 jeunes citoyens français, des missions en direction des réfugiés, et à 500 jeunes réfugiés, un engagement citoyen dans une mission de service civique adaptée afin de leur permettre une immersion dans la société française, et suivre un enseignement de la langue française.
Ce programme débutera effectivement en janvier 2019. Le recrutement d'Omar et de Mohamed a donc anticipé son instauration ! Il a d'ailleurs été suivi par différentes initiatives en ce sens.
Lancé le même jour, le programme Mento'R, (dont les parrains sont Lambert Wilson et Virginie Lemoine) promeut, par ailleurs, l'accompagnement tutoré pour les réfugiés et encourage les initiative locales.
Mais l'engagement des réfugiés ne se limite pas à des missions de service civique, et nombreuses sont les associations qui ouvrent leurs portes à ces nouveaux candidats.
En effet, "s'investir bénévolement dans des associations peut être un moyen pour les migrants de participer à la société qui les accueille, d'en découvrir les rouages", ainsi que le soulignent des grandes associations promouvant le bénévolat : Benenova, France Bénévole, Passerelles et compétences, pro bono lab, Tous bénévoles (la Tribune du bénévolat 2017)
France Bénévolat, suite à la décision du conseil constitutionnel reconnaissant la fraternité comme principe constitutionnel, et comme conséquence de celui-ci, "salue l'engagement de toutes les associations qui confient des missions bénévoles à des migrants ou des réfugiés et font de leur participation à leur projet associatif, un acte de fraternité, au nom de l'idéal républicain"
L'association BENENOVA, qui développe des actions de bénévolat concrètes, courtes, ponctuelles et collectives, en mettant en relation des associations et des bénévoles, apporte son témoignage. Stéphanie Andrieux, fondatrice de l'association, expliquait récemment dans une interview à France Inter, que les réfugiés étaient de plus en plus nombreux à s'inscrire sur la plateforme. Pour elle, la participation à ces actions bénévoles est un moyen d'intégration actif et plus rapide, permettant d'apprendre le français sur le terrain et décrypter les codes de la société française, tout en se sentant utiles.
L'association TOUS BENEVOLES (qui met également en relation des bénévoles et des associations), reçoit aussi des demandes émanant de migrants (réfugiés ou non) souhaitant s'investir dans des missions bénévoles.
Un gisement précieux de bénévoles parmi les migrants à une époque où les associations peinent à recruter.
Louise FORESTIER
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03 décembre 2018
29 septembre 2018
Polémiques sur le Service Civique
Alors que l'Agence du service civique s'attelle à promouvoir
"Le Pouvoir d'être utile" –
thème de sa campagne de communication de rentrée –, Julien Brygo et Olivier
Cyran, journalistes indépendants, rompent l'unanimisme ambiant en faveur de ce
type d'engagement. Dans le chapitre de leur livre Boulots de merde ! (La
Découverte Poche, septembre 2018, 10,50 €) qu'ils consacrent au service
civique, les auteurs dénoncent d'un même mouvement le contenu dénué de sens de
certaines activités confiées aux volontaires et l'utilisation abusive de main
d'œuvre au rabais en lieu et place de "vrais" salariés.
Certes, la mise en cause de l'intérêt des tâches remplies par
les volontaires est certainement très minoritaire. Ainsi, selon l'étude post mission 2017 réalisée
par l’Agence du service Civique, 9 jeunes sur 10 se déclarent satisfaits ou
très satisfaits de la fonction qu'ils ont occupée. Ce n'est pas le cas des
deux Dunkerquois, dont Brygo et Cyran rapportent les propos dans leur enquête à
charge. Eux ont eu la nette impression que leur rôle ne rimait à rien. Stéphanie,
22 ans, et Mike, 19 ans, étaient chargés de faire du porte-à-porte dans des
quartiers très pauvres de Dunkerque pour prêcher le développement durable. L'idée
était de proposer des éco-gestes aux habitants pour faire baisser leurs
factures d'eau et d'électricité (fermer le robinet quand ils se brossent les
dents, dégivrer leur frigo de temps en temps, ne pas oublier d'éteindre la
lumière,....). Mais, a-t-on besoin de volontaires pour faire passer ces
messages ? "Les gens, ils savent ça
!", répond Mike, dégoûté. A force de portes qui lui ont été claquées
au nez, Mike a nourri une répugnance souveraine pour cette mission. "Ils nous ont vendu du rêve, en nous disant
qu'on allait vivre une expérience inoubliable. (...) L'image du service civique
est belle, mais le contenu est faux", estime le jeune homme.
Toutefois, il reconnaît avoir complétement révisé son jugement quand, par la
suite, il a changé de mission. Mike ne cache pas le plaisir alors pris à
rencontrer des personnes âgées dans une maison de retraite. Leur parler,
entendre leur histoire, les voir aller mieux parce qu'on est là, "là, je me sentais utile",
témoigne-t-il.
En matière de service civique, cependant, tout n'est pas
qu'une question d'utilité – ou de ressenti tel. Fins connaisseurs de la
précarité qui est aussi la caractéristique de leur condition de pigistes, les
auteurs ouvrent plus largement le débat sur ce volontariat comme "gisement bien commode pour combler les
manques et les trous dans les institutions publiques ou sociales". Les
sages de la Cour des comptes partagent cette inquiétude. Dans leur rapport 2018,
ils mettent en cause "des situations contestables", telles celles de "volontaires placés au contact du public
dans les services des préfectures et recevant des étrangers", ou de "volontaires à Pôle emploi chargés de
tâches normalement réservées aux agents". Dans le secteur
associatif, ajoutent-ils, "la
tentation est grande pour une structure de recourir à ces jeunes dont le coût
est faible, voire nul, en lieu et place d’un salarié ou d’un bénévole".
12 mars 2018
Le service civique, 8 ans après.
Le 6 mars, sous l'égide de l'Agence du Service Civique, étaient organisées à Paris les premières rencontres du Service Civique, 8 ans après la création de celui-ci par la loi du 10 mars 2010, qui permet à des jeunes de 16 à 25 ans (30 ans pour les handicapés) d'effectuer une mission d'intérêt général de six à douze mois dans une association, une collectivité ou un établissement public, indemnisée 580 € net par mois. Ces rencontres étaient l'occasion de réunir tous les acteurs (volontaires, associations, Etablissements publics, services de l'Etat, et collectivités territoriales) mais aussi des entreprises partenaires, afin de faire le bilan de 8 années de fonctionnement (270.000 jeunes engagés), en tirer des conclusions et des perspectives d'avenir. "Un rendez-vous de la jeunesse, de la citoyenneté et de l'engagement".
Une soirée riche en informations et témoignages.
Le service civique, soutenu et valorisé par les pouvoirs publics
La présence de Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education Nationale (chargé également de la Jeunesse, l'éducation populaire et la vie associative) marquait l'intérêt et le soutien du gouvernement, rappelant la "voie de l'engagement" lancée par le président de la République à l'occasion des vœux.
"Un monde de plus en plus technologique doit être aussi de plus en plus humain. Le service civique contribue à cette humanité".
En effet, le service civique, en promouvant l'engagement, est aussi une école de la vie, vecteur d'émancipation et de liberté, d'autonomie et d'estime de soi, mais se situe aussi au service de l'intérêt général (il a cité notamment les missions au sein de l'Education Nationale, précisant que l'opération "devoirs faits" permettra le recrutement de 15.000 volontaires au total au sein de l'Education Nationale).
Il rappelle le succès rencontré par le service civique, passé de 10.000 volontaires en 2010 à 125.000 en 2017 et dont l'objectif pour 2018 est de passer à 150.000 jeunes (pour un budget de 448 millions d'euros) et d'en renforcer la présence, notamment dans les zones rurales, les EPHAD, l'Outremer.
Il met enfin l'accent sur l'acquisition de compétences nouvelles par les jeunes volontaires qui disposent ainsi de clés supplémentaires leur ouvrant les portes d'une vie professionnelle. Pour les entreprises partenaires, le service civique est une étape constitutive du parcours des jeunes.
Se projetant vers un avenir proche, le Ministre voit le service civique comme le "grand frère" du futur service national, une sorte de pionnier...
La parole aux jeunes volontaires
Des témoignages
Des jeunes, pour la plupart "de la première génération" sont venus témoigner de l'apport positif de leur expérience et de l'orientation que leur vie avait prise, grâce au service civique, et parmi eux :
... et de nombreuses questions
Et parmi elles :
Les réponses du ministre
La présence d'entreprises partenaires prouve leur attachement à l'institution et la création, aujourd'hui, d'un "club de validation du service civique" répond à la préoccupation de "labellisation service civique".
A propos des compétences acquises au cours d'un service civique, il faut examiner la possibilité de le valoriser dans une VAE et le considérer comme une première étape vers autre chose (contrat d'apprentissage ?)
Concernant l'Education Nationale, le ministre a pu donner les précisions suivantes:10.000 volontaires vont être affectés à l'opération "devoirs faits" et on veillera à davantage de clarté et de cohérence dans les missions et plus d'opportunités de tremplins vers l'emploi au sein de l'Education Nationale. Les tuteurs pourront être des enseignants et non plus des chefs d'établissements. Par ailleurs, davantage de moyens vont être mis à disposition en direction des lycéens (moyens publicitaires). La réforme du lycée laissera plus de place à l'engagement. On y parlera davantage du Service Civique.
Sur la question du statut,tout en reconnaissant la pertinence des questions posées et la nécessité d'engager une réflexion, aucun engagement ne peut être pris à l'heure actuelle.
Huit ans d'existence... et après ?
Trois enjeux pour 2018
Yannick Blanc, Haut Commissaire à l'engagement civique, Président de l'Agence du Service Civique est venu ensuite développer les trois axes stratégiques pour 2018 après avoir annoncé le recrutement de 150.000 jeunes volontaires :
Une campagne promotionnelle "le pouvoir d'être utile"
Il s'agit d'une campagne de communication auprès du grand public, à partir du 7 mars, destinée à valoriser l'engagement, montrant le bénéfice qu'il apporte à la société dans son ensemble et l'apprentissage qu'il permet aux jeunes d'acquérir. Il s'agit d'une campagne d'affichage dans des lieux publics et d'un film montrant de vrais volontaires en mission sur le terrain, dans leur travail quotidien, diffusé sur le web, les réseaux sociaux, la télévision (BFMTV), des salles de cinéma.
A visionner
Du côté des entreprises
L'Agence du Service Civique (intervention de Ludovic Abiven, directeur général) a souhaité, à l'occasion de ces rencontres, et avec des entreprises et institutions partenaires, créer un club de valorisation du service civique, autour d'une charte d'engagement pour la valorisation et la promotion du service civique dans les entreprises, dont la signature est initiée en séance avec les représentants de trois entreprises (Casino, Adecco, UP).
"le service civique doit être examiné au même titre qu'une autre compétence professionnelle" (représentante du groupe UP)
"les entreprises commencent à se poser la question de savoir comment une personne peut évoluer. Le volontariat est un plus" (représentant du groupe ADECCO)
Le représentant du groupe Casino, quant à lui, est "intéressé par les compétences acquises grâce au service civique, notamment la capacité à entrer en contact avec le public".
Et pour rappel : 87% des responsables ressources humaines ont une bonne idée du service civique, 75% d'entre eux le perçoivent comme un atout dans un parcours professionnel, 64% déclarent que la réalisation d'un service civique peut les inciter à recruter un jeune (enquête IFOP ci-après)
Le baromètre IFOP - rappel
La soirée s'est terminée par la présentation du baromètre IFOP 2017 pour le service civique à consulter et télécharger sur le site de l'IFOP
Cette étude confirme que :
Une soirée riche en informations et témoignages.
Le service civique, soutenu et valorisé par les pouvoirs publics
La présence de Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education Nationale (chargé également de la Jeunesse, l'éducation populaire et la vie associative) marquait l'intérêt et le soutien du gouvernement, rappelant la "voie de l'engagement" lancée par le président de la République à l'occasion des vœux.
"Un monde de plus en plus technologique doit être aussi de plus en plus humain. Le service civique contribue à cette humanité".
En effet, le service civique, en promouvant l'engagement, est aussi une école de la vie, vecteur d'émancipation et de liberté, d'autonomie et d'estime de soi, mais se situe aussi au service de l'intérêt général (il a cité notamment les missions au sein de l'Education Nationale, précisant que l'opération "devoirs faits" permettra le recrutement de 15.000 volontaires au total au sein de l'Education Nationale).
Il rappelle le succès rencontré par le service civique, passé de 10.000 volontaires en 2010 à 125.000 en 2017 et dont l'objectif pour 2018 est de passer à 150.000 jeunes (pour un budget de 448 millions d'euros) et d'en renforcer la présence, notamment dans les zones rurales, les EPHAD, l'Outremer.
Il met enfin l'accent sur l'acquisition de compétences nouvelles par les jeunes volontaires qui disposent ainsi de clés supplémentaires leur ouvrant les portes d'une vie professionnelle. Pour les entreprises partenaires, le service civique est une étape constitutive du parcours des jeunes.
Se projetant vers un avenir proche, le Ministre voit le service civique comme le "grand frère" du futur service national, une sorte de pionnier...
La parole aux jeunes volontaires
Des témoignages
Des jeunes, pour la plupart "de la première génération" sont venus témoigner de l'apport positif de leur expérience et de l'orientation que leur vie avait prise, grâce au service civique, et parmi eux :
- Kevin devait être pâtissier, le service civique a changé son orientation, il a repris des études pour travailler en direction de personnes en situation de handicap.
- Aline a beaucoup appris en allant "sur le terrain". Le service civique a été déterminant. Elle travaille désormais dans une ONG.
- David, étudiant en architecture, a découvert une autre voie au cours de son service civique et est devenu journaliste en côtoyant une radio associative.
- Maxime avait "décroché" scolairement. Grâce à Unis Cité de Marseille, il s'est remis dans une dynamique positive et s'est découvert des compétences qui lui ont permis d'enrichir son CV. Il est devenu éducateur;
- Audrey raconte enfin que les missions qu'elle a accomplies lui ont permis par la suite de trouver facilement des stages et un emploi, les recruteurs ayant apprécié son "passage" en service civique et les compétences sociales acquises
... et de nombreuses questions
Et parmi elles :
- Ne pourrait-on valoriser davantage le service civique en créant un "label service civique" pour des entreprises partenaires ?
- Comment améliorer les conditions d'exécution de certaines missions au sein de l'Education Nationale (encadrement, missions détournées de la définition initiale, manque d'écoute) ?
- Pourquoi ne pas intervenir davantage dans les lycées pour parler de l'engagement ?
- Comment valoriser les compétences acquises pour pouvoir accéder à des formations ?
- Quel est le statut du service civique ? un salarié ? un étudiant ? alors pourquoi ne pas bénéficier de certains avantages (tel le pass Navigo)..."alors que nous sommes engagés pour la nation ?"
Les réponses du ministre
La présence d'entreprises partenaires prouve leur attachement à l'institution et la création, aujourd'hui, d'un "club de validation du service civique" répond à la préoccupation de "labellisation service civique".
A propos des compétences acquises au cours d'un service civique, il faut examiner la possibilité de le valoriser dans une VAE et le considérer comme une première étape vers autre chose (contrat d'apprentissage ?)
Concernant l'Education Nationale, le ministre a pu donner les précisions suivantes:10.000 volontaires vont être affectés à l'opération "devoirs faits" et on veillera à davantage de clarté et de cohérence dans les missions et plus d'opportunités de tremplins vers l'emploi au sein de l'Education Nationale. Les tuteurs pourront être des enseignants et non plus des chefs d'établissements. Par ailleurs, davantage de moyens vont être mis à disposition en direction des lycéens (moyens publicitaires). La réforme du lycée laissera plus de place à l'engagement. On y parlera davantage du Service Civique.
Sur la question du statut,tout en reconnaissant la pertinence des questions posées et la nécessité d'engager une réflexion, aucun engagement ne peut être pris à l'heure actuelle.
Huit ans d'existence... et après ?
Trois enjeux pour 2018
Yannick Blanc, Haut Commissaire à l'engagement civique, Président de l'Agence du Service Civique est venu ensuite développer les trois axes stratégiques pour 2018 après avoir annoncé le recrutement de 150.000 jeunes volontaires :
- S'assurer de la qualité du service civique (correction des défauts et des dérives signalés, amélioration des outils de contrôle des "situations à risques" (c'est à dire des missions pouvant se substituer à un emploi), réflexion et définition de nouveaux programmes de missions)
- Valoriser le service civique "composante de la réforme de la formation professionnelle", notamment auprès des recruteurs (club de valorisation du service civique, signature d'une "charte de valorisation du service civique")
- Participer à la création et au développement d'un "corps européen de solidarité" (sorte d'Erasmus), avec un objectif de 100.000 jeunes. Avec ses 125.000 jeunes engagés en 2017, la France est le premier pays d'Europe dans ce domaine et sera leader.
Une campagne promotionnelle "le pouvoir d'être utile"
Il s'agit d'une campagne de communication auprès du grand public, à partir du 7 mars, destinée à valoriser l'engagement, montrant le bénéfice qu'il apporte à la société dans son ensemble et l'apprentissage qu'il permet aux jeunes d'acquérir. Il s'agit d'une campagne d'affichage dans des lieux publics et d'un film montrant de vrais volontaires en mission sur le terrain, dans leur travail quotidien, diffusé sur le web, les réseaux sociaux, la télévision (BFMTV), des salles de cinéma.
A visionner
Du côté des entreprises
L'Agence du Service Civique (intervention de Ludovic Abiven, directeur général) a souhaité, à l'occasion de ces rencontres, et avec des entreprises et institutions partenaires, créer un club de valorisation du service civique, autour d'une charte d'engagement pour la valorisation et la promotion du service civique dans les entreprises, dont la signature est initiée en séance avec les représentants de trois entreprises (Casino, Adecco, UP).
"le service civique doit être examiné au même titre qu'une autre compétence professionnelle" (représentante du groupe UP)
"les entreprises commencent à se poser la question de savoir comment une personne peut évoluer. Le volontariat est un plus" (représentant du groupe ADECCO)
Le représentant du groupe Casino, quant à lui, est "intéressé par les compétences acquises grâce au service civique, notamment la capacité à entrer en contact avec le public".
Et pour rappel : 87% des responsables ressources humaines ont une bonne idée du service civique, 75% d'entre eux le perçoivent comme un atout dans un parcours professionnel, 64% déclarent que la réalisation d'un service civique peut les inciter à recruter un jeune (enquête IFOP ci-après)
Le baromètre IFOP - rappel
La soirée s'est terminée par la présentation du baromètre IFOP 2017 pour le service civique à consulter et télécharger sur le site de l'IFOP
Cette étude confirme que :
- le service civique bénéficie d'un haut niveau de notoriété. Plus de 90% des personnes interrogées (jeunes, moins jeunes, RRH) déclarent en avoir entendu parler
- 90% des jeunes en ont une bonne image, voire une très bonne image
- Dans un nuage de mots apparaissent en priorité "engagement", "aide", "civisme" "solidarité" "expérience" "service" "mission"....(mais aussi, pour les moins de 25 ans, "rémunération", talon d'Achille du Service Civique !)
- Pour les personnes interrogées, le service civique est tout d'abord un moyen pour les jeunes d'acquérir de l'expérience. Vient ensuite le moyen de s'engager socialement et d'être utile aux autres.
- 67% des jeunes se déclarent intéressés par l'exercice d'un service civique
- En tête des intérêts manifestés: la culture et les loisirs, le sport et l'environnement. On note une légère baisse d'intérêt pour l'éducation, l'action humanitaire, la solidarité.
- La valorisation par les entreprises apparaît, pour près de 40% des jeunes comme une piste prioritaire de développement du service civique. 80% d'entre eux, en effet, estiment que les entreprises ne le reconnaissent pas suffisamment.
- 82% des personnes de 26 ans et plus, ayant entendu parler du Service Civique, le recommandent
- globalement, l'image du Service Civique est bonne pour 87% des responsables ressources humaines qui en ont entendu parler.
Louise Forestier
29 avril 2016
"Egalité et citoyenneté", un projet de loi prometteur ?
Un
projet de loi intitulé « égalité et citoyenneté » vient d’être
présenté en Conseil des ministres
le 13 avril dernier. Il veut répondre à
« l’apartheid territorial,
social et ethnique » selon la formule choc de Manuel Valls au lendemain des attentats de janvier
2015. Il s’agit d’un texte qui entend lutter contre
les fractures sociales qui sont apparues à la faveur de ces évènements dramatiques et que mettent
aussi en évidence les récentes mobilisations
des jeunes en faveur de l’insertion.
Les trois titres du projet ("Citoyenneté et émancipation des jeunes" - "Mixité sociale et égalité des chances dans l'habitat" - "Pour l'égalité réelle") traduisent une réelle volonté du gouvernement en matière d'insertion.
Dans
ce projet, plusieurs dispositions sont importantes pour l’engagement des jeunes, le bénévolat et les associations.
En voici un court résumé en attendant une analyse plus approfondie lorsque la loi sera votée :
• Il est créé un « congé
d’engagement ». Ce congé de participation à la gouvernance associative de
six jours, n’est pas rémunéré, peut être fractionné en demi-journées, est
ouvert à tout salarié, fonctionnaire ou agent public afin de permettre de
siéger, à titre bénévole, dans l’organe d’administration ou de direction d’une
association. Il s’agit de favoriser l’exercice de responsabilités associatives
et de faciliter leur conciliation avec la vie professionnelle.
Travailler
moins pour s’engager plus en somme ! La mesure concernera les présidents,
trésoriers, secrétaires, le cas échéant leurs adjoints mais aussi les membres
des conseils d’administration. Ce congé sera réservé aux associations
poursuivant un objectif d’intérêt général soit, malgré tout, deux tiers des
quelques 1,3 millions d’associations françaises et environ 3 millions de
personnes…
• Le service civique est étendu à des
organismes d’intérêt général. Sont ainsi concernés
les sapeurs-pompiers, les organismes HLM ou les entreprises publiques détenues
à 100% par l’Etat. Il s’agit en effet de multiplier les offres, conformément à
une promesse de François Hollande qui souhaite généraliser ce dispositif
adressé aux 16-25 ans.
• L’engagement citoyen des étudiants sera
mieux reconnu avec la validation obligatoire, au sein des formations
supérieures, des compétences et connaissances acquises dans le cadre d’une
participation bénévole, d’un engagement dans la réserve opérationnelle de la
défense ou d’un service civique.
• La réserve citoyenne, qui avait été
lancée après les attentats de janvier dans l’Éducation nationale et la Défense,
est généralisée, ce qui devrait permettra à tout citoyen de s’’engager
bénévolement et ponctuellement au service de l’intérêt général pour répondre à
des crises urgentes, telles que des catastrophes naturelles par exemple.
Quelques liens qui résument les principales dispositions de ce projet de loi :
Quelques liens qui résument les principales dispositions de ce projet de loi :
http://www.europe1.fr/politique/les-principales-mesures-du-projet-de-loi-egalite-et-citoyennete-2718862
http://www.lefigaro.fr/politique/2016/04/11/01002-20160411ARTFIG00011-ce-que-prevoit-la-future-loi-egalite-et-citoyennete.php
http://www.francetvinfo.fr/politique/service-civique-reserve-citoyenne-et-logements-sociaux-que-contient-le-projet-de-loi-egalite-et-citoyennete_1403125.html
Le texte
intégral du projet de loi « égalité et citoyenneté »
http://www.assemblee-nationale.fr/14/projets/pl3679.asp
Bernard Grozelier
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14 juillet 2013
Des volontaires du service civique à l'honneur à l'occasion de la cérémonie du 14 juillet
14 juillet 2013, une heureuse initiative : cent jeunes volontaires du service civique ont été invités à participer au défilé traditionnel du 14 juillet !
Il faut s'en réjouir !
C'est la marque d'une reconnaissance de leur engagement pour le bien commun, à une époque où l'individualisme et le "tout pour soi" semble être la règle (nous verrons que ce n'est pas si vrai, à l'occasion d'un prochain article sur les dernières données du bénévolat en France).
Quoi qu'il en soit, un moment fort de la cérémonie: le spectacle de ces jeunes gens (habillés pour l'occasion par Agnès B) félicités un à un par François Hollande et chantant avec force et conviction "le chant des partisans" (en hommage à la Médaille de la Résistance mise à l'honneur cette année), conviction plus manifeste que celle de notre équipe de France de foot chantant La Marseillaise !!
| Les jeunes volontaires devant la tribune officielle |
| La célèbre petite veste d'Agnès B |
| Avec François Hollande |
Espérons que cette initiative sera renouvelée les années suivantes !
25 mars 2013
Des passeurs de mémoire en service civique !
"Quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle"
Nous devons cet aphorisme connu à Amadou Hampâté Bâ, écrivain, historien, philosophe, ethnologue, poète et conteur, né en 1901 à Bandiagara au pays Dogon (Mali), haut lieu d'Histoire et de traditions, et mort à Abidjan en 1991.
Sans doute influençée par la tradition orale africaine (que l'on a tendance à généraliser malgré les centaines de milliers de documents écrits témoignant de grandes civilisations), cette vérité n'en a pas moins une portée universelle et signifie, qu'avec ou sans écrit, le passage d'une génération à l'autre, se fait par la transmission de valeurs et de récits qui permettent de faire vivre le passé, mieux appréhender le présent et ancrer des identités.
Dans la tradition ouest-africaine, les griots tenaient une place importante dans la société. Ils connaissaient l'histoire et les hauts faits de leur pays, de leur région, de leur ethnie, histoires léguées par les anciens, de génération en génération. Aujourd'hui, des castes de griots existent toujours. Ils chantent le passé et les traditions ancestrales. Ils demeurent des sortes de "passeurs de mémoire" respectés.
Dans nos pays de tradition écrite, cette fonction n'existe pas. Est-ce pour autant qu'une tradition écrite pourrait remplacer la tradition orale ?
L'Histoire, "l'officielle", nous parvient par les journaux, les livres, les films, les représentations artistiques, la littérature, les reportages ou les documentaires. Mais une mémoire vive faite de témoignages de gens "ordinaires", est , elle aussi, précieuse car elle éclaire et illustre au quotidien l'histoire et la vie des générations qui nous précèdent.
Chaque génération, en effet, est le témoin d'évènements importants, de changements politiques ou géopolitiques qui bouleversent le cours de l'Histoire, de progrès technologiques d'importance capitale, de découvertes, de faits de société qui ont fait évoluer les mentalités.
On pense aux "Paroles de poilus" (pour la plupart censurées à l'époque) dont la compilation a fait l'objet d'un livre publié en 1998 aux éditions Librio, et qui donne des détails précis et une vision encore aggravée, et sans doute mal connue, de l'horreur vécue par les soldats de la "grande guerre".
Sans qu'il s'agisse forcément de témoignages relatifs à des faits historiques majeurs, les anciens ont en eux une masse intacte d'informations qui éclairent le passé, le rendent vivant et rapprochent ainsi les générations.
Les "passeurs de mémoire", un projet en direction des aînés.On pense aux "Paroles de poilus" (pour la plupart censurées à l'époque) dont la compilation a fait l'objet d'un livre publié en 1998 aux éditions Librio, et qui donne des détails précis et une vision encore aggravée, et sans doute mal connue, de l'horreur vécue par les soldats de la "grande guerre".
Sans qu'il s'agisse forcément de témoignages relatifs à des faits historiques majeurs, les anciens ont en eux une masse intacte d'informations qui éclairent le passé, le rendent vivant et rapprochent ainsi les générations.
Les anciens ont beaucoup à nous dire en effet, et c'est à partir de cette constatation qu'est né le projet "passeurs de mémoire" initié par "Unis-Cité" et soutenu par de grands organismes tels que la fondation Orange, la Fondation de France, la fondation RATP, Malakoff Mederic, la CRAM...
Des volontaires du service civique, "passeurs de mémoire" interviennent auprès de personnes âgées isolées ou en maisons de retraite afin d'organiser des animations culturelles ou autres, et surtout, avec leur consentement, recueillir leurs témoignages et les transcrire sur le web, constituant ainsi une bibliothèque virtuelle de la mémoire en ligne
Ces personnes âgées ont pu vivre de grands évènements (le front populaire,la seconde guerre mondiale, la guerre d'Algérie, le premier homme sur la lune...), avoir été témoins de grandes avancées technologiques qui nous paraissent "normales" aujourd'hui (les premières émissions de télévision, les disques vinyl, les postes à transistors, les progrès de la médecine, le transport aérien....) ou encore avoir vécu des transformations de la société qui ont changé leur vie (mixité à l'école, droit de vote et travail des femmes, contraception, congés payés et autres avancées sociales...). Comment ont-ils vécu tout cela ? Quel a été leur regard ?
Les témoignages sont, bien sûr, d'un intérêt inégal, classés par thème (enfance et jeunesse, guerre, éducation, progrès, loisirs, amour, famille, métier...), époques, ville., mots-clés...mais ils sont l'occasion, pour les personnes âgées, d'avoir le sentiment (bien réel) de laisser une trace, de transmettre, et pour les jeunes volontaires, de manifester leur respect et leur intérêt pour la génération qui les précède et ainsi recréer ce lien précieux qui manque dans notre société aujourd'hui. Ils comprennent aussi le chemin parcouru et l'apport de chaque génération à la société en écoutant les récits des anciens, des anecdotes révélatrices, et en les consignant et les diffusant sur le web.
http://www.uniscite.fr/ (le projet)
http://www.passeursdememoire.fr/ (les témoignages en ligne)
15 novembre 2012
Des volontaires du Service Civique témoignent
Le service civique en quelques mots
Instauré par la loi du 10 mars 2010 sous l'impulsion de Martin Hirsch alors Haut commissaire aux solidarités actives, son objectif était de favoriser la mixité sociale et de développer l'engagement citoyen des plus jeunes en leur proposant, entre 16 et 25 ans, de s'engager pour une période de 6 à 12 mois au sein d'une structure associative ou d'un organisme public agréés par l'Agence du service civique.
Fin 2011, 22.000 jeunes avaient effectué un service civique. Pour 2012, 25.000 postes ont été "mis sur le marché". En septembre, 10.000 postes étaient encore à pourvoir.
Quelques chiffres et données :
- 57% de filles.
-18% seulement proviennent de zones urbaines sensibles ou de zones d'éducation prioritaires.
-18% seulement proviennent de zones urbaines sensibles ou de zones d'éducation prioritaires.
- 24% ont un niveau inférieur au bac, 36% sont de niveau bac, 40% ont une formation supérieure
- Implantation encore très inégale dans les DOM-TOM et assez faible dans les secteurs ruraux
Un rapport déposé sur le bureau de l'Assemblée Nationale fin 2011 mettait en évidence certains points du dispositif à améliorer, notamment en ce qui concerne l'éducation à la citoyenneté, le suivi des volontaires dans leur projet personnel, la valorisation des compétences acquises et l'absence ou l'insuffisance de contrôle sur les dérives possibles (notamment sur la définition et le contenu des missions confiées). Pour en savoir plus
Globalement, le bilan est positif pour les associations qui n'y trouvent que des avantages et souhaitent vivement que le dispositif demeure et soit renforcé...un engagement du candidat François Hollande !
Et les interessés, que disent-ils ?
Nous avons demandé à 6 jeunes ayant effectué un service civique volontaire (SCV) de nous faire part de leur expérience. Nous ne leur avons pas demandé de raconter en détail le contenu et le déroulement de leur mission. Nous voulions recueillir leur témoignage autour de thèmes plus généraux et laisser libre cours à leurs commentaires.
- Qui sont-ils ?
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| Joanna en pleine action |
| Sara et des élèves de primaire |
Charline a 23 ans. Elle effectue actuellement (septembre 2012 à juillet 2013) un service civique au sein de l'association Fert (association française de coopération internationale pour le développement agricole des pays en développement et émergents), association partenaire de la guilde européenne du raid avec laquelle Charline a signé son contrat. En partenariat avec le Conseil National de l'Enseignement Agricole Privé (CNEAP), elle est chargée d'animer le réseau des correspondants régionaux d'établissements scolaires agricoles et de monter avec eux des projets d'interventions ou de forums dans les pays en développement et en France (afin de faire prendre conscience des mécanismes et inégalités qui régissent les relations internationales). Dans ce cadre, elle est également chargée d'établir un référentiel de bonnes pratiques
| Plat traditionnel au Burkina pour Adrien ! |
Adrien a 25 ans. Il a effectué un SCV pendant 10 mois, d'octobre 2011 à juillet 2012, au sein de l'association "Graine de savoir et soif d'apprendre" dans laquelle il travaillait déjà comme bénévole depuis 4 ans. Ce service civique lui a permis de s'impliquer totalement et à plein temps. Sa mission comportait deux volets : 1) favoriser l'éveil citoyen par le jeu (animations dans des écoles, des maisons de quartier, des centres de loisirs..) autour de thèmes tels que civisme, violence, solidarité, développement durable... et co-organisation et animation d'un festival citoyen organisé par l'association (Festival Educ'action) en mars 2012.
2) sensibiliser à la solidarité internationale en proposant des outils, des formations sur ce thème, développer le centre de documentation de l'association et former des jeunes désirant s'engager dans un projet de solidarité internationale. Il a effectué une mission de deux semaines au Burkina Faso.
Alice a 22 ans. Elle aussi a effectué un SCV à Espace bénévolat de 7 mois en 2010-2011. Plus spécialement affectée à la mission "jeune et bénévole", elle assurait la promotion et l'animation du site internet et des réseaux sociaux. Elle a par ailleurs participé à certains évènements auxquels l'association participait
| Le site de l'association n'a plus de secret pour Alice ! |
Alice a 22 ans. Elle aussi a effectué un SCV à Espace bénévolat de 7 mois en 2010-2011. Plus spécialement affectée à la mission "jeune et bénévole", elle assurait la promotion et l'animation du site internet et des réseaux sociaux. Elle a par ailleurs participé à certains évènements auxquels l'association participait
Flora a 26 ans. Elle a effectué un SCV de 7 mois, de décembre 2011 à juillet 2012 au Centre Information Jeunesse (CIJ) du Val d'Oise. Elle était en charge de l'espace d'expositions (recrutement de jeunes artistes, montage de l'exposition avec eux, communication : rédaction de communiqués et relations presse), et de la recherche de dispositifs pour rendre plus accessible la culture aux jeunes. Elle a également créé et géré une page facebook, et s'est occupée du contenu du site internet pour mettre en valeur le pôle culture. Elle a enfin créé un "quizz culture" dans le cadre d'un appel à projets de la région Ile de France.
- Comment sont-ils devenus des volontaires du service civique ?
Il faut bien reconnaître que la motivation principale, pour la grande majorité, est l'absence d'emploi. Toutefois, certains ont une approche positive et y voient une opportunité, d'autres ont une approche "négative".... "je prends, faute de mieux". Ceux-là ne vont souvent pas jusqu'au bout de leur service civique et "décrochent" avant la fin, ce qui n'a pas été le cas de nos six volontaires qui ont abordé leur service civique de manière positive.
Joanna est arrivée à Espace Bénévolat après avoir exercé, comme elle dit, des "boulots alimentaires" pendant et après des études qui l'ont conduite à une licence de médiation culturelle. Elle était au chômage mais répugnait à accepter un emploi qui ne lui aurait apporté qu'une satisfaction matérielle. Elle se cherchait, dit-elle, et souhaitait une expérience humaine, "quelque chose d'utile, qui ait du sens, car j'avais besoin de savoir pourquoi je me levais le matin".."j'aurais pu aller chez MacDo, mais je ne m'y résignais pas".C'est alors qu'une amie qui avait effectué un service civique lui a parlé de sa propre expérience.
Alice recherchait un emploi dans le domaine de la communication, (sa spécialisation) après un DUT "techniques de commercialisation". C'est par la mission locale de sa ville de résidence (dans la Manche) qu'elle a connu le service civique et qu'elle a pu ainsi trouver l'opportunité d'intégrer une équipe chargée de communication.
Sara a fait un DUT de journalisme et est titulaire d'une licence Culture et Communication, d'un master1 "ingénierie des médias pour l'éducation" et d'un DU Français Langue Etrangère. Elle souhaitait travailler, dit-elle, "avec les réfugiés", mais les offres d'emploi la renvoyaient la plupart du temps sur le site du Service Civique, et c'est ainsi qu'elle a répondu à une offre de l'Agence de l'Enseignement Français à l'Etranger (AEFE) rattachée au Ministère des Affaires étrangères.
Charline a une licence de droit suivie d'un M1 et M2 "Organisations internationales" qu'elle vient de terminer à Sciences-Po Grenoble. Après un stage à Médecins du Monde, elle a décidé d'effectuer un service civique afin d'enrichir son expérience, se donner le temps "de réfléchir à ce que je voulais vraiment" et "profiter d'une période d'entre deux", acquérir de nouvelles compétences et travailler dans le secteur associatif, et à ce sujet, "la symbolique du service civique était intéressante"
Adrien avait commencé des études de commerce, mais "je me suis rendu compte que ça ne me ressemblait pas du tout" . Il a alors voyagé pendant deux ans au Mali et en Europe, en effectuant des "petits boulots". A son retour en France, tout en étant assistant d'éducation dans des lycées, il s'est engagé comme SCV en complément d'un mi-temps au lycée. Il connaissait l'association dans laquelle il travaillait déjà comme bénévole.
Flora a une licence LEA, un master1 "LEA traduction" et un master2 "relations interculturelles et coopération internationale, management culturel". Elle était au chômage mais a choisi de se donner une période de réflexion, compléter sa formation, acquérir de nouvelles compétences, et ainsi, enrichir son CV. L' action solidaire l'attirait. Elle a trouvé cette offre sur le site du service civique.
- Un accueil en général chaleureux et attentif qui a facilité leur intégration, des organismes "qui jouent le jeu"
Joanna souligne l'engagement de sa tutrice et l'assistance qu'elle a trouvée au sein de l'association (un ancien DRH bénévole) pour mieux cerner son projet personnel.
Alice estime avoir pu travailler en étroite liaison avec sa tutrice qui lui laissait une grande marge d'autonomie et de responsabilité, dans un cadre régulier d'échanges et de bilans. Des objectifs lui étaient fixés. Elle a pu parler de son projet personnel.
Sara, qui avait effectué plusieurs stages, précise que c'est la première fois qu'elle s'est sentie aussi bien accueillie. Elle a travaillé en totale autonomie dans sa mission principale de tutorat dont elle était entièrement responsable, en groupe pour les autres activités. Le proviseur adjoint (son tuteur) l'impliquait dans toutes les réunions. Elle a ressenti un peu de difficultés au début car "l'univers des professeurs est très corporatif..." ! son rôle n'était effectivement pas clairement identifié au début.
Ce qui l'a marquée "un public auquel je ne m'attendais pas" : des enfants scolarisés en France, de retour avec ou sans leur famille en Mauritanie où ils peuvent continuer leur scolarité (commencée en France) au lycée français de Nouakchott !
Adrien connaissait déjà l'association dans laquelle il travaillait depuis 4 ans comme bénévole avec "des amis de longue date pour la plupart" et se sentait donc "chez lui". Pour ce qui est de son projet personnel, il savait d'ores et déjà ce qu'il voulait ! Ce qui l'a marqué :
"Le festival Educ'Action organisé par mon association en mars 2012....intense et riche en rencontres, en sourires partagés ..tout simplement magique ! de même que "le verre levé au Burkina pour fêter la fin de mon SCV, dans un pays extraordinaire"
Charline se sent parfaitement intégrée et dispose d'une grande autonomie. Le projet sur lequel elle travaille avait débuté en janvier 2012. Elle s'est "raccrochée aux wagons" avec facilité !
Flora a pu travailler avec beaucoup d'autonomie, et des responsabilités lui ont été confiées. Elle assistait aux réunions hebdomadaires du staff (6 salariés).
- Ils n'ont pas perdu leur temps....des compétences nouvelles ou renforcées inscrites à leur CV
Nos 6 volontaires sont unanimes pour dire que le SCV leur a beaucoup apporté sur le plan professionnel et personnel. Ils citent :
l'apprentissage de nouvelles techniques (nouveaux logiciels, compétences WEB et multimedia, techniques de communication, rédaction de communiqués et relations presse, évènementiel, montage de dossiers de financement, conduite de projets.....), l'apprentissage du travail en équipe,la transmission de savoirs, des compétences pédagogiques et un apprentissage du milieu et des activités scolaires, une ouverture sur l'extérieur et la connaissance de publics très divers, la prise de parole en public, l'accueil téléphonique, l'organisation de son temps, une meilleure confiance en soi......et enfin, l' ouverture sur le bénévolat, "expérience humaine qui me servira toute ma vie".
Ils ont majoritairement suivi la formation PSC1 ou équivalent. Quant à la formation "citoyenne", certaines associations ont devancé le décret d'application en permettant aux jeunes volontaires de suivre cette formation auprès d'organismes qui la dispensent sous une forme ou sous une autre (Ligue de l'Enseignement, Guilde européenne du raid, par exemple...)
- Et après.....?
Joanna a trouvé un emploi en CDI à la Mairie de Montreuil, dans lequel elle se sent bien. Chargée de l'accueil au sein du service "Prestations à la population", elle est formelle : c'est son service civique qui a été déterminant au cours de son entretien d'embauche, et sa connaissance du secteur social acquise pendant son SCV l'aide dans son travail quotidien, en lui donnant un regard tourné vers les autres.
Alice est retournée dans la Manche et a trouvé un CDI de télé-opératrice dans une entreprise en attendant un emploi correspondant davantage à sa formation initiale. Mais son expérience de service civique et les compétences qu'elle y a acquises figurent désormais sur son CV comme une expérience professionnelle à part entière, et non pas "comme un stage ou du bénévolat", dit-elle
Sara a décidé de prendre une année sabbatique pour faire du bénévolat (alphabétisation et ASL, éducation populaire, interprétariat auprès de journalistes réfugiés..). Elle déborde d'enthousiasme. A la question "comment vas-tu faire financièrement", elle répond avec fierté qu'elle a économisé au cours de ses "petits boulots", mais surtout pendant son service civique (ce qui va en étonner plus d'un !) car l'allocation allouée, identique à celle perçue en France et très légèrement augmentée d'un petit "rajout" par la structure d'accueil, lui a permis de vivre très correctement tout en mettant de l'argent de côté, étant donné le niveau de vie en Mauritanie !!
Elle a réalisé que sa place n'était pas dans l'education nationale, ni dans l'expatriation. Mais elle a conforté son attirance pour l'enseignement du FLE qui la passionne.
Pour Charline, il est encore trop tôt, mais grâce à cette expérience, " j'affirme mon profil associatif voire humanitaire"
Flora pense avoir trouvé sa voie à l'issue de sa période de réflexion. Elle cherche résolument un travail à l'étranger. Si le domaine culturel continue de la passionner, elle y associe désormais un désir de travailler "pour aider les autres". En attendant, elle prépare ce projet de mobilité en suivant des formations notamment à l'AFIJ (Association pour Faciliter l'Insertion professionnelle des Jeunes diplômés) et participe à des ateliers au Pôle emploi international
Adrien a définitivement compris que la voie du développement et de l'éducation populaire était la sienne, laissant loin derrière lui une carrière commerciale à laquelle ses études le destinaient. Le service civique l'a confirmé dans son projet personnel. Il est aujourd'hui très impliqué dans l'action bénévole au sein de la même association. Par ailleurs, il prépare le BPJEPS (Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l'Education Populaire et du Sport), spécialité Loisirs tous publics, en alternance avec un emploi d'animateur sans un centre social de la région parisienne.
-Laissons-leur la parole...
Aucun n'a l'impresion d'avoir perdu son temps, tous le conseilleraient à un(e) ami(e), mais Adrien précise "pour un jeune qui n'a pas de loyer à payer ou qui vit encore chez papa maman et ne souhaite pas économiser de l'argent"
Notés çà et là...quelques commentaires
"c'est une belle expérience enrichissante" "les jeunes devraient passer par le bénévolat" "j'avais besoin de savoir pourquoi je me levais le matin" "j'ai apprécié les responsabilités données et la liberté de m'exprimer.... en comparaison avec un stage en entreprise" "c'est une expérience humaine qui me servira toute ma vie" "pouvoir participer au fonctionnement d'une association tout en étant indemnisé, cela permet un meilleur engagement pour une action qui te tient à coeur" "je veux valoriser cette expérience très intéressante" "on m'a vraiment fait confiance", "je le conseille en disant que ça peut permettre de réfléchir sur son projet professionnel, de faire une pause et de se réorienter", "le SCV présente l'avantage d'être plutôt bien perçu par les employeurs", "il n'y a pas la pression du salariat"...
Mais en contrepoint :
Si Sara a pu mettre de l'argent de côté, elle est la seule, et l'on sait pourquoi !
"on exige de nous autant que de salariés" "comment faire avec 560 euros/mois à Paris", "je faisais la même chose que mon tuteur qui gagnait 3 fois plus que moi" "aucune cotisation chômage, et donc pas de reconnaissance à Pôle emploi" "il faut reconnaître que c'est un travail salarié au rabais" "les volontaires ne devraient pas travailler 35 heures comme les salariés car leur statut est différent", "un dispositif de plus aux dispositifs de volontariat sous payé"
"le service civique est clairement un travail au rabais...un palliatif au chômage des jeunes....un moyen de ne pas les faire figurer dans les statistiques nationales"
...Et quelques suggestions :
"Davantage de temps de formations, de suivi, de débouchés"
"de meilleures indemnités" "il faudrait au moins nous payer la carte de transport" "davantage de rencontres avec d'autres volontaires pour échanger sur nos activités" "davantage de formation citoyenne" "j'aurais aimé qu'on valorise mes actions" "j'aurais aimé avoir des formations plus personnalisées qui correspondent à mon projet professionnel, des formations vraiment utiles" "un accompagnement en France au départ et au retour" (pour les SCV à l'étranger)
....et aussi...une homogénéisation des durées hebdomadaires de travail, celles-ci allant de 25 heures à 35 heures (voire plus) chez nos six volontaires, ou une harmonisation avec différenciation pécuniaire !
En conclusion :
- une grande satisfaction, une expérience humaine enrichissante, des moments forts, des compétences acquises, une meilleure visibilité et un temps de réflexion sur le projet professionnel
- une grande satisfaction, une expérience humaine enrichissante, des moments forts, des compétences acquises, une meilleure visibilité et un temps de réflexion sur le projet professionnel
- des "revendications" : le montant de l'indemnité, des rencontres et un partage d'expériences avec d'autres jeunes SCV, une homogénéisation de la durée du travail ou une différenciation pécuniaire
- mais une certitude : le service civique n'est pas prêt de disparaître et doit se renforcer afin de devenir une véritable "école de la citoyenneté" !
Merci à Adrien, Alice, Charline, Flora, Joanna et Sara
14 mai 2012
Du nouveau sur le service civique
Le 6 mars 2012, le décret n°2012-310 relatif à l'aide versée aux organismes d'accueil des jeunes pour l'organisation de la formation civique et citoyenne a enfin été publié. Il a fallu attendre deux ans après le vote de la loi instituant le service civique !
La loi du 10 mars 2010 relative au service civique met en effet à la charge de la structure d’accueil des formations civiques et citoyennes ainsi qu'un accompagnement des jeunes volontaires dans leurs réflexions sur leurs projets d’avenir. Cette obligation devait s’accompagner d’une aide versée aux structures d’accueil.
La mobilisation a fini par porter ses fruits. Le décret du 6 mars prévoit :
- des formations civiques et citoyennes comprenant l’unité d’enseignement « prévention et secours civique de niveau 1" (PS1)
- une aide de 100 euros par service civique volontaire quand l’agence du service civique prend en charge la formation PS1 et de 150 euros pour les autres cas
Cette aide sera versée pour les contrats en cours à la date d’entrée en vigueur du décret. Notons toutefois que beaucoup d’associations ont déjà mis en place des formations sans attendre la parution du décret, en mobilisant d’autres ressources. Mais en attendant, nombre de jeunes n’y ont pas eu accès. Ces formations civiques et citoyennes représentent en effet un aspect important du dispositif en contribuant à faire du service civique un engagement enrichissant.
Il appartient maintenant aux acteurs de s’organiser pour mutualiser leurs expériences, capitaliser les bonnes pratiques et participer collectivement à la mise en place d’un service civique de qualité pour en faire une référence et un modèle d'apprentissage de la citoyenneté.
(Source : CPCA - la Voie du mouvement associatif)
(Source : CPCA - la Voie du mouvement associatif)
Libellés :
Associations,
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Pouvoirs publics,
Service civique
19 avril 2012
Service civique ..les associations s'adressent aux candidats
A l'occasion du deuxième anniversaire de la loi sur le service civique votée le 10 mars 2010 à la quasi unanimité des parlementaires et à l'occasion aussi de l'élection présidentielle , 26 structures associatives actives dans la promotion de la citoyenneté et de l'implication des jeunes dans la vie sociale (parmi lesquelles, Espace Bénévolat), ont signé une "lettre ouverte" aux candidats, rappelant les principes et les objectifs de la loi et leur volonté, non seulement de maintenir cette institution, mais encore de la renforcer, la promouvoir davantage, l'étendre et lui donner toute sa valeur citoyenne.
Deux ans d'existence... longue vie au service civique !
"Renforcer le lien social et transmettre les valeurs de la citoyenneté par un développement de l'engagement citoyen des plus jeunes", tel est l'objectif ambitieux du service civique instauré par la loi de 2010.
Depuis sa création et jusqu'en novembre 2011, il a permis à près de 15.000 jeunes de s'investir dans des organismes sans but lucratif ou des personnes morales de droit public. Un franc succès souligné par tous les acteurs, par rapport à l'ancien service civil volontaire qui n'atteignait pas 3.000 jeunes par an !L'élection présidentielle, une occasion, pour le mouvement associatif, de s'adresser aux candidats
La lettre ouverte aux candidats confirme donc qu'on ne saurait remettre en cause cette institution et "lui inventer un nouveau visage", et que par conséquent :
- il est essentiel d'aller au bout de la dynamique lancée en construisant le service civique tel qu'il a été pensé et construit collectivement,
- il est essentiel de permettre, dès 2014, à 10% d'une classe d'âge,de vivre cet engagement de service civique, conformément aux engagements pris,
- la durée du service civique (6 à 12 mois), "une étape de vie", doit être adaptée à l'ampleur des missions confiées et le dispositif de financement adapté à cette contrainte,
- Il doit constituer un cadre d'apprentissage de la vie citoyenne et collective et une étape de mixité sociale,
- Il doit être également accessible et obligatoirement proposé à tous les jeunes,
- Les conditions matérielles de l'engagement de service civique pour les jeunes doivent être améliorées,
- Les missions éligibles au service civique doivent fairel'objet d'une réflexion collective, au moyen d'un comité associatif d'autocontrôle, afin d' éviter qu'il soit utilisé comme un dispositif d'emploi aidé,
- Le service civique doit être pleinement intégré aux dynamiques de développement des territoires par un ancrage local, en généralisant la mise en place des "comités locaux de concertation",
- Le développement du service civique à l'international ainsi que l'accueil, en France, de volontaires venant de l'étranger, doivent être poursuivis , par la recherche et la formalisation de partenariats,
- L'Europe, enfin, doit être un espace de développement et de généralisation du service civique.
Pour en savoir plus, se reporter à la page d'actualité correspondante sur le site de la CPCA.
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