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30 août 2015

Bénévolat, l' entretien d'embauche

La rentrée de septembre est souvent l'occasion pour les (futurs) bénévoles de rencontrer des associations, choisir des missions qui leur conviennent et se présenter à un entretien qui entraînera la décision du "recruteur" et marquera, pour le futur bénévole, le début d'une aventure. C'est une étape décisive qui s'apparente de plus en plus à un recrutement professionnel.
Catherine, jeune bénévole, se souvient de ce passage obligé. Elle nous livre ses impressions et quelques conseils qu'elle adresse aux "candidats". Des conseils pleins de bon sens. Laissons lui-la parole.

L'ENTRETIEN DE RECRUTEMENT D'UN BENEVOLE
Le recrutement peut s'apparenter encore à un vrai entretien d'embauche pour le bénévole...
Hier encore, me trouvant à la maison des associations, j'ai pu croiser cette jeune candidate, mise impeccable, cherchant d'un regard anxieux, son interlocuteur.....
Oui, car il faut le dire, les termes employés par ces « recruteurs » ne manquent pas d'analogie avec le monde du travail. Il n'est pas rare d'entendre recrutement, période d'essai, session de formation....
Pourtant cette mise à l'épreuve n'a pas valeur de "sanction". Il ne s'agit pas d'un "piège". Au contraire, le but est pour le bénévole et le recruteur, d'examiner ensemble les conditions d'une réussite optimale de la mission choisie.

Le jour J
Inutile de préciser d'arriver à l'heure.... Surtout ne négligez pas ce point. Car même dans le bénévolat, cela a son importance!
Le respect des horaires est significatif de la profondeur et du sérieux de votre engagement.
Il symbolise votre motivation, la force de votre implication, la fiabilité de votre présence et enfin votre capacité à respecter le « contrat moral » avec votre association.
Ensuite arriver dans une tenue correcte est le minimum. Bien sûr nul besoin d'être tiré à quatre épingles, voire mal à l'aise dans le vêtement que vous ne portez que dans de très rares occasions....
Bannissez aussi l'excentricité pour ce premier rendez-vous. On ne sait jamais, car après tout le recruteur est un être humain, et vous ne pouvez pas l'empêcher de détester cela.

Comment se préparer ?
Eh bien soyez le plus naturel possible,car c'est bien le gage de votre meilleure réussite !
Alors balayez les minutes interminables devant la glace, la gestuelle savamment étudiée, l'après-midi passée à articuler, un stylo entre les dents....
Ceci n'aurait pour effet que de passer tout le temps à vous concentrer sur vous même et en avez-vous vraiment besoin ?
La meilleure façon d'aider les autres , n'est-il pas de s'accepter comme on est ?
Rassurez-vous. On ne vous fera passer ni tests de personnalité, ni tests graphologiques, ni autres....
Car ici c'est bien seul votre désir et votre motivation qui comptent!
Pour finir, avant de partir, vérifiez bien ces dernières choses : les coordonnées de votre recruteur et le lieu de rendez-vous. Il serait dommage de louper un rendez-vous pour une simple adresse!

Exposez au « recruteur » vos motivations
L'entretien est, rassurez-vous une fois de plus, informel. Il s'agit de discuter de la mission, de l'association et de voir ensemble si elle vous convient. Et il n'est pas rare que cette petite discussion se déroule autour d'un café, voire d'un petit gâteau pour les plus chanceux .
Alors raison de plus , une fois encore pour vous mettre à l'aise, exposez le plus clairement possible votre parcours professionnel et bénévole si vous en avez-un.
Pour être le plus précis possible, il peut être utile d'apporter un CV et une lettre de motivation si on ne vous l'a pas déjà demandé.
Souvenez-vous qu'une des spécificités du bénévolat est la formidable chance d'apprendre sur le tas,l'objectif du recruteur étant alors de cerner au mieux, à travers votre parcours, vos goûts, vos intérêts, votre motivation....

Soyez curieux.
N'hésitez pas à poser des questions et encore des questions sur l'association,son travail, ses objectifs, la mission pour laquelle vous vous sentez attiré(e). Il n'est pas inutile, avant l'entretien, de visiter le site internet de l'association afin de mieux la connaître et montrer ainsi l'intérêt que vous lui portez.
Élargissez au maximum votre vision afin de voir ce que vous pouvez y faire et y apporter. Ne négligez aucune compétence que vous possédez. Toutes peuvent être très utiles à l'association, et ne manqueront pas à coup sûr d'être mises en oeuvre. Enfin montrez aussi votre envie d'apprendre et votre capacité à vous auto-former.

Précisez vos disponibilités
Précisez vos disponibilités en terme de temps, d'implication pour vérifier que vous pourrez remplir la mission que vous avez choisie. En effet un salarié, un retraité, un demandeur d'emploi ne choisiront peut-être pas le même style de bénévolat. Le bénévolat avec une présence hebdomadaire régulière
ne demande pas le même type d'engagement que le bénévolat à la carte avec une présence au choix et peut-être non continue.

Et après ?
Quelques dernières recommandations peuvent être ici nécessaires.
Laissez à nouveau un contact, un téléphone, une adresse mail.
N'oubliez pas de bien vous informer sur le lieu précis de la mission afin d'établir au mieux le temps de trajet. Ceci peut avoir son importance sur la faisabilité de votre projet.
Enfin n'oubliez pas un carnet, pour noter les choses indispensables et un stylo pour remplir la fiche du bénévole.
Au final, la bonne humeur et la jovialité sont certainement vos meilleurs alliés lors de l'entretien de recrutement bénévole. Pour vous, pour les autres, c'est sûrement la meilleure garantie de votre désir à vous investir dans votre future mission.


Et pour finir, bonne chance !



                                                                            Catherine Zerini

04 août 2014

Découvrir le bénévolat de proximité...sans se fatiguer..

Un témoignage entendu récemment au cours d'une discussion entre seniors retraités sur la façon utile "d'occuper son temps" a retenu mon attention et je tenais à le partager car c'est "une histoire de bénévolat" qui se cache derrière un récit anecdotique.

Sylvie est une jeune femme à la soixantaine avancée et bien assumée. Elle est retraitée, après avoir occupé un poste de cadre dirigeant dans une grande entreprise du CAC 40.
Du jour au lendemain, elle s'est retrouvée "sans emploi" et comme seule perspective programmée, celle de s'occuper de ses petits-enfants, ce qu'espéraient et attendaient avec impatience  ses deux enfants devenus parents.
Mais au grand étonnement de ces derniers, Sylvie n'a pas répondu à l'appel , ou du moins y-a-t-elle répondu de manière très ponctuelle: "j'ai beaucoup donné à m'occuper de mes propres enfants", dit-elle , "j'ai encore à apprendre, à découvrir, à partager et à transmettre ! "
Après avoir "testé" plusieurs associations, elle a jeté l'éponge, déplorant d'y avoir retrouvé, selon elle, une hiérarchie, des luttes de pouvoir et des réunions improductives...."le bénévolat, ce n'est pas pour moi", disait-elle, n'envisageant alors celui-ci que comme un engagement auprès d'une association.

Visiblement, une structure, même associative, ne lui convenait pas après 35 ans passés en entreprise. C'est une réaction et une position de certains seniors qui hésitent à se lancer dans une activité bénévole et retrouver des contraintes dont ils ne veulent plus. Et pourtant, ils disposent de temps qu'ils pourraient mettre en partie à profit pour les autres ! 
C'est la réflexion que se faisait Sylvie.

Et si mon voisin avait besoin de moi ? 
C'est alors qu'une idée lui a traversé l'esprit. Dans son immeuble, Pablo, un étudiant chilien, occupait une chambre au dernier étage. Il était "thésard" et sortait peu, travaillant comme veilleur de nuit pour financer ses études. Leurs échanges se limitaient à des formules de politesse échangées dans l'ascenseur ou chez le boulanger.
Un jour, Sylvie lui avait demandé où en était sa thèse. Pablo lui avait répondu qu'il avait dû demander une prolongation de son titre de séjour car il avait pris du retard dans la rédaction et peinait avec une grammaire et des accords de verbes dont la langue française a le secret !

Se souvenant de cette conversation, Sylvie prit la décision de frapper à sa porte et lui proposa de l'aider en corrigeant les textes qu'il écrivait. " si vous aviez vu son sourire", dit-elle ,"j'avais l'impression d'être une sorte de Zorro ! "

C'est ainsi que Sylvie est devenue bénévole !
Elle a pu travailler chez elle et qui plus est, à proximité immédiate de son "client". Elle a retrouvé l'opportunité de parler espagnol et s'est replongée dans un domaine juridique dont elle maîtrisait les termes (la thèse était une thèse de droit fiscal comparé sur un aspect très pointu du droit de propriété, me confie-t-elle), ce qui lui permettait de faire reformuler et préciser certains passages...


Une idée qui a fait mouche
Depuis, le bouche à oreille a fonctionné et d'autres étudiants étrangers sont venus lui demander de l'aide. Face à des matières qui ne lui étaient pas très familières, Sylvie a fait appel à des amis et c'est ainsi qu'une sorte de réseau s'est mis en place.  

De cette expérience déjà renouvelée trois fois, Sylvie ne cesse de vanter les bienfaits : maintien en forme intellectuelle, retour dans une ambiance universitaire, sensibilisation à de nouveaux domaines de connaissances, création de liens d'amitié avec des étudiants étrangers isolés, ouverture à leur culture.....elle envisage un voyage au Chili où les parents de Pablo l'on invitée en remerciement de ce qu'elle a fait pour leur fils.

Un bénévolat sans structure ?
J'ai voulu parler de cette expérience car elle témoigne du fait que le bénévolat n'est pas forcément synonyme d'association, et qu'elle pose une interrogation sur la notion même de bénévolat !
Quelle différence, en effet, entre le bénévolat exercé dans une structure associative et le bénévolat "de proximité" souvent assimilable à des relations de voisinage, voire familiales....
Le bénévolat "familial" doit, à mon sens, être exclu car il s'inscrit dans un autre registre, celui des relations familiales. Y voir du "bénévolat", serait, en poussant à l'extrême, considérer l'éducation et le soin de ses propres enfants comme du bénévolat !!

En revanche, le "bénévolat de proximité" s'inscrit directement dans un registre citoyen en répondant à des besoins qui pourraient être pourvus par des associations ou des services sociaux mais qui ne le sont pas pour diverses raisons (absence de structure locale, refus d'y faire appel, inadéquation aux besoins..) et qui s'adressent à une population la plupart du temps fragilisée ou isolée : aide aux personnes âgées, malades ou handicapées, accueil d'étrangers isolés, aide aux devoirs, aide dans la recherche d'emploi, rédaction de CV, etc....

Pour en revenir à notre témoignage, Pablo rencontrait de réelles difficultés et n'avait pas les moyens de payer une officine qui aurait procédé à la correction de sa thèse, voire à un "re-writing" de certains passages. Il avait peu d'amis français assez disponibles pour passer du temps sur cette thèse dont certains passages nécessitaient une bonne connaissance du langage juridique. Les remarques de forme faites parfois par son directeur de thèse étaient générales et ne lui étaient d'aucune aide. Il se sentait isolé et avait besoin d'aide. 

Le hasard a joué ! chacun en a tiré profit : Pablo en présentant une thèse qui a reçu la mention "très honorable", Sylvie en bénéficiant d'une ouverture sur une autre culture, une nouvelle amitié...

Pour compléter l'anecdote : Sylvie continue épisodiquement d'aider des étudiants étrangers...et trouvera le temps, lorsqu'elle rentrera du Chili, de s'occuper de ses petits enfants car, dit-elle, "on ne me considère plus comme une grand-mère retraitée, affectée d'office au baby-sitting" !

Soucieuse d'en savoir plus, et certaine de trouver un écho à ma recherche en allant voir du côté du Québec, j'ai appris que l'université Laval va mettre prochainement en ligne un "kit d'aide à la rédaction" destiné aux étudiants, étrangers ou non !

Les besoins de bénévolat ne sont peut-être pas loin ! pas besoin d'aller dans le sud saharien ou au fin fond de l'Inde... il suffit de regarder autour de soi !

Je vous invite, par exemple, à visiter le site de l'association "Voisins Solidaires" http://www.voisinssolidaires.fr/, une association qui milite et qui promeut des actions en faveur du "mieux vivre" ensemble (la "journée des voisins", c'est elle !). Ce site donne des idées de bénévolat pour tous les âges. Une "boite à outils" suggère des tas d'idées et d'occasions pour établir une relation de voisinage.

Il y a aussi le "bénévolat à distance" "e-bénévolat" qui prend une place de plus en plus importante et utile, et qui peut s'adresser aux personnes qui ne peuvent se déplacer, grâce à l'utilisation des moyens informatiques et internet. Nous lui avons consacré un article "e-bénévolat..pensez-y" publié le 6 mai 2013.