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14 avril 2017

Silence.....on lit !

Une initiative dont on a beaucoup parlé dans les medias, comme d'une initiative novatrice et originale, a attiré mon attention pour la simple et bonne raison qu'il s'agit d'un petit village de Haute-Provence que je connais bien, Banon.


Déjà célèbre pour son magnifique village fortifié, ses champs de lavande, ses fromages de chèvre roulés dans des feuilles de chataignier, sa librairie, Le Bleuet, figurant parmi les 5 ou 6 plus grandes librairies indépendantes de France, Banon s'illustre cette fois par une initiative mise en œuvre au collège, ce qui ne figurera pas dans la liste des "curiosités à voir absolument" promues par l'Office de Tourisme. C'est pourquoi il faut en parler ici car il ne s'agit pas d'une simple curiosité anecdotique, mais d'une expérience dont les bienfaits dépassent largement le cadre scolaire.

De quoi s'agit-il ?
Il s'agit d'une démarche engagée par la principale du collège de Banon, avec l'aide de l'association "Silence, on lit" qui promeut la lecture dans les établissements scolaires.
Tous les jours, après déjeuner, tel un rituel,  le collège est plongé dans un silence total pendant 15 minutes, pendant lesquelles tous les élèves et tout le personnel sans exception se plongent dans un livre de leur choix, tout étant autorisé, hormis les livres de classe et les journaux.
"Un moment de cohésion dans le silence", note un professeur d'anglais, "je lisais pas, maintenant je lis de temps en temps", confie un élève. Quinze minutes plus tard, les livres se referment et la vie du collège reprend.

15 minutes de lecture par jour....c'est 1h15 de lecture par semaine, 5 heures de lecture par mois au minimum, presque 50 heures dans l'année...autant d'heures gagnées  sur la télé, les smartphones, les tablettes et les ordinateurs...

la video      

Une idée qui vient de loin
Vous pensez certainement qu'il s'agit d'une initiative de l'Eduction Nationale, d'une directive adressée à tous les collèges de France ? Ce serait une bonne nouvelle, mais malheureusement, il n'en est rien !
L'idée, qui fait son chemin, en revient à l'association "Silence, on lit", initiatrice du projet, qui le diffuse et accompagne les établissements scolaires qui désirent y adhérer. Ils sont de plus en  plus nombreux  à manifester leur intérêt auprès de l'association.
Cette idée a germé à partir d'une expérience de 15 ans découverte...en Turquie, au lycée  francophone Tevfik Fikret d' Ankara, par l'un des fondateurs de l'association, le cinéaste Olivier Delahaye venu présenter à Ankara son film "Soleils" (qui sort bientôt en France).
Au bout de quinze ans, cette "pratique" a révolutionné,  non seulement le rapport à la lecture, mais également le rapport aux enseignants et entre les élèves. Voir le très intéressant article publié sur Slate.fr en juin 2016 

Une idée qui n'est pas réservée aux collégiens...
Je vous laisse découvrir le site de l'association, sur lequel on lit que ce concept n'est pas réservé aux établissements scolaires, mais également aux entreprises, et que les bienfaits de la lecture ne se limitent pas au cadre de l'apprentissage.
Allons plus loin...pourquoi pas aux grandes associations ? aux centres aérés ? aux maisons de retraite ? aux centres sociaux, associations et bénévoles qui diffusent accompagnement à la scolarité, apprentissage du français ou autres, etc..,  

Une réflexion sur le monde associatif et le bénévolat
Une lettre adressée au ministère de la culture par Olivier Delahaye, restée sans réponse - rien d'étonnant, pourquoi prendre exemple sur ce qui se fait ailleurs et qui réussit ! - celui-ci s'est adressé à l'Académie Française où il a rencontré un vif succès, notamment auprès d'Erik Orsenna et Daniele Sallenave. C'est à partir de là qu'est née l'association et que des contacts ont été pris avec des proviseurs de lycées.

La réflexion qui m'est venue est celle-ci :
Pourquoi fait-on grand cas d'une initiative (rapportée par de nombreux médias) qui devrait figurer parmi les consignes incontournables du ministère de l'Education Nationale, au vu du constat récurrent de la désaffection des enfants et ados pour la lecture et de l'importance de l'illétrisme en France (7% de la population âgée de 18 à 65 ans ayant été scolarisée en France, soit 2.500.000 personnes en métropole) ? Dans un autre domaine cela me rappelle les paroles, sans doute un peu provocatrices, lancées par Michel Onfray, après les premiers attentats terroristes à Paris. Il s'élevait contre le fait qu'à l'école, on délaissait l'apprentissage de la citoyenneté et des valeurs républicaines au profit de l'apprentissage du tri sélectif ! Ceci était une boutade, bien sûr, mais qui soulignait les choix opérés par les pédagogues de tout poil du ministère de l'Education Nationale, au détriment des "savoirs de base" réclamés par la grande majorité de la population....et des candidats aux élections !

Fort heureusement,  le monde associatif est là, qui répare, pallie, prend des initiatives, dénonce, intervient aux côtés des pouvoirs publics ou de manière autonome et apporte chaque jour la confirmation de l'importance grandissante des actions de la société civile qui "prend les choses en main".

En allant plus loin, les associations ne sont résolument plus les œuvres de bienfaisance telles qu'elles apparaissaient, pour certaines, il n'y a pas si longtemps. Elles deviennent de plus en plus un moyen d'expression démocratique dans la mesure où elles apportent une "connaissance du terrain" dont se targuent à tort la plupart de nos politiques !
En jouant ce rôle d'intermédiaire dans le jeu et l'expression démocratiques, les associations deviennent des acteurs incontournables de notre société en intervenant dans les secteurs délaissés

.....et pour qu'une association grandisse et prospère, il lui faut de plus en plus de bénévoles !

Louise Forestier





25 août 2016

Le monde associatif et bénévole en France et aux Etats-Unis : deux idéologies ?

Si l’on examine quelques éléments de littérature comparative sur la question, deux courants de pensée semblent se dégager.
D’un côté ceux qui considèrent que le bénévolat et l’engagement associatif s’opposent au modèle américain basé sur la prédominance du tiers-secteur (associations….) et de la société civile sur l’Etat, avec une référence centrale au philosophe politique français Alexis de Tocqueville qui a décrit et analysé le fonctionnement de la démocratie américaine qui laisse une grande place à l’initiative privée, le modèle français se référant au contraire à la conception d’un « Etat providence » prenant en charge les besoins des citoyens.

D’un autre côté, certains pensent au contraire que cette différence est toute relative et  que l’évolution contemporaine (crise économique et financière) rapproche de toute manière le tiers-secteur français du modèle américain.

Ce débat n’est pas seulement d’ordre académique car en France la crise induit chez certains la crainte que le recours au bénévolat ne soit une manière non avouée de substituer les associations à l’Etat Providence dans certaines de ses prérogatives. Le rejet du « communautarisme » prédispose à une méfiance envers le modèle d’engagement américain faisant une large place aux communautés.

L’idée qu’il existe deux modèles américains et français bien différents se cristallise autour de la référence à Alexis de Tocqueville qui a étudié la démocratie américaine ainsi que les institutions nées de la Révolution française, mais emprunte aussi à nos histoires respectives.

Ainsi, selon Maud Simonet, auteure de « Le travail bénévole, engagement citoyen ou travail gratuit ? » qui fait à cette occasion une étude comparative sur le bénévolat en France et aux Etats-Unis, Tocqueville est constamment invoqué par les chercheurs, mais aussi les responsables associatifs et les politiques américains. Cette référence est, selon elle, à l’origine de la description de l’Amérique comme une « nation d’associés » où le bénévolat se développerait de façon « spontanée » dans l’espace laissé libre par l’État, dans un rapport de substitution avec lui dans la mesure où la pratique bénévole serait indépendante, d’origine privée et a-étatique. Les groupes bénévoles « surgiraient spontanément »,  afin de prendre en charge un problème en dehors des politiques.

Cette référence à  Tocqueville est reprise aussi par des américanistes, chercheurs mais aussi politiques français pour opposer des modèles français et américains de bénévolat. Alors qu’aux Etats-Unis la pratique bénévole serait « développée, reconnue, valorisée » parce que partie intégrante de la tradition démocratique, elle-même liée au principe de liberté individuelle et de  méfiance à l’égard de l’Etat qui ont sous-tendu la détermination des « pères fondateurs » pour une société plus libre, la France serait un contre-modèle avec une pratique bénévole peu reconnue, peu encouragée et ne s’intégrant pas véritablement dans une culture politique faite de fort recours à l’État. Mais il est vrai que la Révolution française et l’apparition de l’État Providence de type universaliste n’ont pas forcément favorisé le secteur philanthropique. La Révolution en effet a perçu celui-ci comme une influence extérieure qui venait s’interposer entre l'Etat et le citoyen et s’est employée à réduire les corps intermédiaires (corporations..) dont il fallait se méfier par crainte d’un contre-pouvoir, ne reconnaissant de rôle représentatif qu’à l’État. Quant à la fourniture de services sociaux par le tiers-secteur elle était, jusqu’à une certaine période au moins, très dépendante de l’État Providence financièrement et en matière de tutelle.

Si l’on considère les liens entre les pouvoirs publics et le monde associatif, de notables différences se dégagent entre les exemples américains et français qui ne manquent pas d’interpeller la culture politique française.

En France, l’idée que les associations puissent suppléer l’Etat Providence face aux limites financières qu’il rencontre, ne va pas sans provoquer des débats. Le 5 février 2016, le Conseil départemental du Haut-Rhin approuvait« "le principe d'instaurer un dispositif de service individuel bénévole que pourraient effectuer les  bénéficiaires du RSA" en exigeant d’eux d’effectuer 7 heures de bénévolat par semaine. Il s’agissait, selon son président Eric Straumann de  « faire passer les allocataires du statut d’usager à celui de bénévole actif et reconnu". Mais la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine a réagi en affirmant « qu’il n’est pas possible de conditionner le versement du RSA à l’exercice du bénévolat" et que « les devoirs liés à l’obtention d’une allocation sont définis nationalement ».

S’agit-il d’une tentative de « remise au travail des citoyens » via le volontariat et le bénévolat comme le pense Simonet qui considère qu’en France comme en Amérique, l’Etat utilise l’engagement associatif pour servir ses objectifs en matière de politique d’emploi sous couvert d’appel à la citoyenneté ? En Amérique, l’encouragement du bénévolat et du volontariat pour lutter contre le chômage ou d’autres problèmes sociaux est plus courant et se matérialise au travers de programmes tout à fait publics comme celui de la Corporation for National Service, l’AmeriCorps  ou le Citizen Corps qu’avait créé le président Georges W. Bush pour aider à réformer le système éducatif. En France, la promotion, par l’Etat, du volontariat des jeunes au travers de contrats faiblement rémunérés (Service civique ou autres….) fait poser à certains la question de savoir s’il ne s’agit pas là d’introduire des formes de travail sous-payées ou gratuites pour atténuer le coût financier de l’Etat providence ou masquer son échec en matière de lutte contre le chômage des jeunes

Un autre point à signaler est celui du caractère largement communautaire du bénévolat américain coexistant pleinement avec les formes d’engagement s’adressant à la société dans son ensemble sans que cela ne pose de graves problèmes de principes à la représentation que l’Amérique se fait d’elle-même en terme de citoyenneté. De fait, des communautés se construisent facilement aux Etats-Unis  souvent sur une base religieuse ou ethnique, qui vise le développement social, politique, culturel et économique du groupe en question, en insistant sur la responsabilité des membres. 

La culture française, en revanche, est très suspicieuse envers le « communautarisme » considéré par certains comme une restriction de la citoyenneté ou tout du moins un frein. Question particulièrement sensible aujourd’hui dans l’hexagone face aux problèmes d’intégration , entraînant la peur d’une segmentation de « l’unité nationale » dans des communautés particulières se réclamant de valeurs spécifiques.           
        
Mais selon certains cette différence entre deux modèles est toute relative et la question se pose aussi de savoir si la norme française d’associations ne se rapprocherait pas de la norme américaine particulièrement du fait de la crise de l’Etat providence 

Selon Maud Simonet toujours, cette opposition entre la France et les Etats-Unis suivant une lecture tocquevillienne qui ferait du bénévolat américain une émanation purement « spontanée » de la société civile est tout à fait critiquable et illusoire dans la mesure où il serait, aussi bien en Amérique qu’en France, fortement encouragé par l’État. Et il est vrai que de Herbert Hoover, dans les années 1920 à Bill Clinton, nombreux sont les présidents américains et d’autres responsables politiques qui ont publiquement appelé à l’engagement bénévole au nom d’une norme morale communautaire et citoyenne. En France, c’est sur le devoir d’utilité sociale que les pouvoirs publics interpellent les citoyens et cela explique, selon Simonet, 25 ans de rapports entre les pouvoirs publics et les associations pour la tentative d’élaboration d’une reconnaissance d’utilité sociale pour ces dernières. Reconnaissance attribuée par l’État.

Mais au-delà des oppositions théoriques, ne serait-ce pas à un rapprochement des normes françaises de gestion associative et bénévole sur les normes américaines auquel on assisterait ? En effet comme le souligne le Rapport de l’OCDE de 2003 « Le secteur à but non lucratif dans une économie en mutation », la crise des systèmes européens de protection sociale a entraîné depuis les années 1970 un regain d’intérêt envers les organismes du tiers-secteur et une mutation de leur gestion. Et cette mutation ressemble bien à un changement des modes d’organisations traditionnels des associations vers un fonctionnement plus « américain » si l’on veut bien considérer que le bénévolat se professionnalise, que les associations adoptent des modes de gestions inspirés en partie de l’entreprise privée avec un souci d’efficacité, d’innovation et que la baisse des financements publics les incitent à adopter une certaine démarche marketing dans leur collecte de dons privés. 

Au reste, si l’on en croit Olivier Zunz, américaniste et auteur de « la philanthropie en Amérique », c’est depuis le XIXème siècle, sous l’impulsion de philanthropes fortunés que les organisations sans but lucratif se sont inspirées de mode de gestion conforme à ceux de l’entreprise privée capitaliste classique avec un souci d’efficacité autant qu’un souci caritatif.  En France, ce rapprochement des modes de management est beaucoup plus récent, et, de ce point de vue, on peut parler d’une convergence des modes de gestion des associations françaises et américaines.

Mais si les modes de gestion se rejoignent, cela ne signifie pas, actuellement, un rapprochement idéologique. L’Etat-Providence est encore largement invoqué en France à l’occasion des grands débats, lorsqu’il est question de « privatiser » certains secteurs au sein des institutions d’enseignement, de santé, etc…
Aux Etats-Unis, à l’inverse, on se souvient de l’extrême difficulté à faire voter l’ « Obamacare » pour faire adopter une prise en charge par l’Etat d’un minimum de protection sociale pour le plus démunis.

Un mot, enfin, sur le regard porté par les sociétés américaine et française, sur le bénévolat et le volontariat

Alors qu’il est impensable pour un jeune américain de présenter un CV sans mention d’une activité bénévole, les recruteurs français ont été pendant longtemps réticents, et le sont encore pour une large part, estimant que le candidat pourrait avoir d’autres intérêts que l’objectif de l’entreprise et risquerait d’être moins disponible. Là  aussi, les choses évoluent, certaines grandes écoles valorisent le bénévolat dans le dossier d’admission et les entreprises commencent à admettre et reconnaître l’enrichissement en compétences que peut représenter une activité bénévole.



                                                                                      Bernard Grozelier        

15 octobre 2015

Des siciliens citoyens qui ont osé ! !

"pizzo" n'est pas le masculin de "pizza" !
Ce n'est pas non plus une pâtisserie italienne. Il désigne l'"impôt" (racket)que la mafia sicilienne fait peser sur les commerçants, artisans ou prestataires de services siciliens. Selon des enquêtes réalisées en 2008, plus de 160 millions d'euros par an étaient extorqués à des commerçants ou des entrepreneurs dans la seule ville de Palerme, soit dix fois plus pour l’ensemble de l’île selon les mêmes estimations. Le pizzo touche à peu près 80 % du commerce de la Sicile. Selon l’université de Palerme, il s’élève en moyenne à environ à 500 euros par mois pour un commerce de détail et 600 euros pour les hôtels et restaurants. Quant aux entreprises de bâtiment, elles sont sollicitées à hauteur de 2.000 euros par mois selon le quotidien économique Il Sole.

Un sursaut citoyen
C'est face à ce fléau qu'est née l'association "Addio Pizzo" ("Adieu pizzo"), fruit d'une réflexion et d'une prise de conscience courageuse de jeunes siciliens, étudiants ou actifs, proches des mouvements altermondialistes mais non politisés, qui ont décidé d'agir, malgré l'assassinat d'un commerçant qui avait tenté une expérience similaire dans les années 90.
Tout a commencé en juin 2004 par une campagne d'affichage massif en une nuit sur tous les murs de Palerme, suscitant un grand émoi dans la ville, un véritable réveil citoyen interpellant les pouvoirs publics.
« Un peuple entier qui paie le pizzo est un peuple sans dignité » pouvait-on lire sur les affiches rappelant des avis de décès.

Addio Pizzo, un réseau actif de commerçants et de consommateurs
L’association a pour objectif de créer un réseau de consommateurs et de commerçants qui refusent le racket.
  • En ce qui concerne le commerçant, celui-ci signe un « contrat » symbolique où il s’engage à ne jamais payer et à dénoncer toute tentative d’extorsion de fonds.
  • Les consommateurs sont appelés à soutenir les commerçants rebelles en s'adressant à eux en priorité, de manière à ce que les courses quotidiennes ne servent pas à financer la Mafia, même indirectement. L'action en direction des consommateurs appelés à signer le manifeste, a débuté à l'occasion d'une première journée anti-racket en mai 2006 sur l'une des principales place de Palerme.
  • Le site internet de l'association met à jour en permanence le nombre de commerçants adhérents (près de 1000 à ce jour, ce qui est encore peu) et leur localisation sur une carte de la Sicile, le nombre de consommateurs qui soutiennent activement l'association par des dons  et des manifestations (13.000), le nombre d'écoles auprès desquelles des bénévoles sont intervenus pour une action de sensibilisation aux méfaits de l'activité mafieuse (près  de 200 dans la province de Palerme)
  • L'association édite aussi des produits en lien avec son action, notamment un t-shirt orné du slogan et du logo, un calendrier...
          Le site de l'association : http://www.addiopizzo.org/ (en italien)

La magistrature et les autorités locales se sont laissées convaincre par le projet. D’après des membres de l’association, des policiers viennent régulièrement les visiter afin de s’assurer que tout va bien. Et les juges n’hésitent plus à inculper pour « complicité » les entrepreneurs et les commerçants, une grande majorité de la société sicilienne soutenant le mouvement. Les adhérents, quant à eux, pratiquent entre eux une immense solidarité. On note, par ailleurs, aucune action violente (ou très rarement) à l'égard des commerçants adhérents.
Il est vrai que "Cosa nostra" est très occupée avec ses affaires internationales (trafic de drogue, d'armes, d'organes et d'êtres humains...) en liaison avec toutes les mafias du monde ! elle sait aussi qu'il faut compter avec l'opinion publique et la société sicilienne qui, dans un élan citoyen, hésite de moins en moins à dénoncer.

Une occasion de tourisme solidaire et responsable
Nous avons eu l'occasion de connaître Addio Pizzo à l'occasion d'un voyage en Sicile car l'association gère un magasin à Palerme (sur le corso Vittorio Emanuele), dans lequel on trouve un grand choix de spécialités siciliennes et de souvenirs (gastronomie, vins et alcools, céramiques, artisanat, jouets, livres...) déposés par des commerçants et des artisans qui ont dit "non". On vous remet gratuitement une carte de Palerme localisant tous les commerces, restaurants, hôtels et artisans qui refusent le pizzo. Ils sont environ 500. C'est encore trop peu.
A ma question "n'as-tu pas l'impression d'exercer une activité dangereuse ?", "on les attend !" me répond le jeune responsable du magasin, en gonflant et exhibant des biceps d'haltérophile !

Il faut noter aussi la création de Addiopizzo Travel, un tour operateur qui propose, à l'occasion de la visite de sites touristiques, de connaître des lieux, des personnes, des faits et des récits significatifs du mouvement anti mafia
 
Pensez-y à l'occasion d'un voyage en Sicile ! Le site de l'association fait état d'un grand nombre de messages de soutien et de solidarité venus du monde entier, mais la partie est loin d'être gagnée !

Louise Forestier

31 mai 2013

Ils construisent le monde de demain...


A l'occasion de la 8è "Global Conference" des Ateliers de la Terre qui se tiendra à l'UNESCO du 3 au 5 juin prochain, et dont il est partenaire, Youphil a sélectionné dix profils atypiques d'hommes et de femmes "qui construisent le monde de demain". Tous ont été motivés par un même credo : "changer le monde" !

Je vous invite à les découvrir ,

06 mai 2013

E-bénévolat.....pensez-y !


L' e-bénévolat, ou bénévolat à distance, ou web-bénévolat, est un type de bénévolat en pleine expansion grâce à la généralisation de l'utilisation des moyens informatiques et de l'internet, accessibles chaque jour à un plus grand nombre.
 
L'e-bénévolat permet à des personnes ayant peu de temps disponible, handicapées  ou ne pouvant se déplacer, à donner de leur temps en gérant elles-mêmes leur disponibilité, en s'organisant comme bon leur semble en restant chez elles, en intervenant "à distance".
 
Il est né aux Etats-Unis dans les années 70. Le "Virtual Volunteering Project" avait pour objectif de promouvoir ce type de volontariat à distance grâce à l'informatique, auprès des associations américaines.

La révolution internet a réellement permis son développement à partir de 1995. La pratique s’est élargie au Canada, puis dans certains pays européens et surtout auprès de l’agence Volontaires des Nations-Unies.

e-bénévolat, un bénévolat sans frontière 
En effet, en 2000, les Nations-Unies lancent leur plateforme de bénévolat en ligne  sur laquelle il est possible de s'inscrire et de proposer ses compétences en choisissant un type de tâche (rédaction, traduction, design, conseil, développement informatique....) un thème (éducation, jeunesse, environnement, santé, culture, etc...), une région (Amérique latine, Asie du sud-est, Afrique, etc...)

Plus près de nous, la plateforme "betobe" permet de mettre en relation des bénévoles intéressés par ce type de bénévolat, avec des associations qui ont déposé une ou plusieurs offres de missions, à l'étranger ou en France. L'utilisation du site est extrêmement simple. Il suffit de remplir un formulaire (identité, domaine d'expertise, type d'emploi....) et de consulter les offres de mission proposées en ligne.

Une véritable coopération nationale et internationale permet de se développer grâce à un réseau d'associations et de bénévoles qui peuvent ainsi apporter une collaboration à distance, et mettre en relation, sans déplacement, des personnes impliquées dans l'action humanitaire.

Mais si ces plateformes interviennent essentiellement pour rapprocher des compétences à travers le monde, il n'est pas besoin d'aller si loin pour exercer ce type de bénévolat pour lequel il suffit d'avoir un ordinateur, une connexion internet et des compétences à offrir. 

e-bénévolat, un bénévolat à portée de tous
Les associations recherchent toutes les bonnes volontés.
Manque de temps ? handicap ? personnes âgées ? étudiants occupés par leurs études ? actifs ? retraités géographiquement loin d'associations ? L'e-bénévolat permet de tenir compte des contraintes de chacun.

De nombreuses associations font appel à des "e-bénévoles", et parmi elles, l'UNICEF France  qui a développé ce type d'action pour des missions ponctuelles ou tout au long de l'année (traitement de texte, graphisme, collecte de fonds, relais d'information, etc...) "Spécialiste, technicien ou novice sur la toile, chacun peut contribuer à faire avancer la cause des enfants ! " , peut-on lire sur la page d'accueil du site.

L'e-bénévolat permet, en effet, d'offrir ses compétences dans des domaines multiples et variés : recherche de documentation, traitement de texte, rédaction d'articles, constitution de banques de données, conception graphique, réalisation de supports de communication visuelle, défense et diffusion d'une cause humanitaire, recherche de fonds, de signatures, écoute de personnes en détresse, etc...autant d'actions qui peuvent se révéler d'une grande efficacité en évitant les déplacements inutiles, en permettant à des personnes handicapées, âgées ou disposant de peu de temps, de participer à une œuvre d'intérêt général et de se sentir utiles.  
 
Regards ailleurs
L'e-bénévolat, du fait de ses premiers pas aux Etats-Unis, y est largement pratiqué, notamment dans les programmes d'aide aux pays en voie de développement.

En Espagne, les "cyber-voluntarios" se sont largement développés, l'Espagne occupant une place privilégiée dans ce domaine en Europe, à tel point qu'on distingue officiellement le "voluntario presencial" (le bénévole présent physiquement sur le terrain) et le "voluntario virtual"(e-bénévole)
Le bénévolat traditionnel reste encore majoritaire, bien entendu, mais devant l'efficacité largement prouvée du "cyber-volontariat", le gouvernement espagnol, dans le document "stratégie gouvernementale du bénévolat 2010-2014", approuvé en conseil des ministres le 23 décembre 2010, prenait en compte cette évolution et conseillait explicitement aux organisations et associations à but non lucratif d'utiliser les Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) afin d'être plus efficaces.

Au Québec, il existe un projet qui a particulièrement retenu mon attention car il ne s'adresse pas à des bénéficiaires lointains et se présente comme une initiative originale. Il mérite qu'on s'y arrête. Il s'agit du projet "Academos-Cybermentorat". C'est une plateforme web accessible à des jeunes de 14 à 20 ans, scolarisés (plus de 46.500 jeunes chaque année), qui s'interrogent sur leur avenir et leur choix professionnel. Des bénévoles entrés dans la vie professionnelle, les "cybermentors" (il étaient 2700 en 2012, issus de toutes les professions, allant du plombier au chercheur en optique-photonique) sont à leur disposition pour les écouter, les aider à se fixer des buts et à poursuivre leurs rêves.

248 écoles et 10 "cégeps" (collèges d'enseignement général et professionnel qui se rapprochent de nos lycées) ont utilisé ce service au cours de la dernière année scolaire.
 
Par des suivis personnalisés (13.000 jumelages estimés pour la fin de l'année), les "mentors" bénévoles , à travers leur expérience et la passion de leur métier, aident les jeunes en témoignant de leur vécu professionnel, en répondant à leur questionnement, en les guidant, en les conseillant afin qu'ils puissent préparer leur avenir professionnel, trouver leur voie et faire en sorte qu'ils se sentent bien dans leur métier plus tard.

En développant une relation personnalisée avec les jeunes, les mentors :
  • démystifient le monde du travail,
  • confirment aux jeunes que leurs aspirations sont réalisables,
  • renforcent la motivation scolaire et la poursuite des études,
  • participent au transfert des savoirs d‘une génération à l’autre.
Outre les suivis personnalisés, les jeunes ont à leur disposition :
  • des portraits écrits et des videos de mentors décrivant leur métier, leur cheminement, des anecdotes,
  • une application permettant aux jeunes d'inscrire le métier de leur rêve et de partager ce qui les motive, 
  • des informations démystifiant certains secteurs d'activités ou faisant la promotion de professions mal connues.
 Dans une enquête effectuée en 2012,
  • 80% des jeunes affirmaient que les "cybermentors" avaient eu une influence sur leur choix de carrière et de leur formation postsecondaire,
  • 80% des enseignants étaient satisfaits de la prestation des cybermentors,
  • 93% des cybermentors avaient le sentiment d'être utiles (" le meilleur moyen d'offrir à tous (étudiants et nous les adultes) un avenir meilleur et ainsi assurer la cohésion entre les générations" )
Enfin, une équipe de chercheurs de l'Université du Québec, en 2006, avait mesuré les effets de ce service et tiré les conclusions suivantes : une motivation scolaire accrue, une plus grande réussite des jeunes en difficultés, un choix de carrière mieux défini.
 
(Ces informations nous ont été communiquées par la présidente fondatrice de l'association)

Pour en savoir plus sur les "cybermentors" québécois, un bel exemple de bénévolat qui ne nécessite pas de présence physique "sur le terrain" !

 
Alors, pour tous ceux qui n'ont pas le temps ou qui ne peuvent se déplacer, pensez-y ! il y a de la place pour tout le monde dans les associations...même si vous vivez sur une île déserte (mais reliée à internet !) ou si vous faites le tour du monde en bateau...!
 
 
 

08 mars 2013

8 mars......coup de coeur pour 30 femmes qui osent !


AccueilA l'occasion de la journée internationale de la femme, YOUPHIL adresse un "coup de coeur" à des femmes "qui osent" : 10 femmes françaises et 20 femmes, ailleurs dans le monde. Toutes interviennent dans le domaine de l'économie sociale et solidaire
Elles ont fait preuve de compétences ou lancé des projets novateurs d'utilité sociale, la plupart sont inconnues du grand public. Aujourd'hui, c' est l'occasion de les connaître et de leur rendre hommage.

Mon coup de coeur va tout particulièrement aux femmes d'ailleurs, qui, pour la grande majorité d'entre elles, vivent dans des pays où les droits des femmes sont bafoués ou inexistants, où elles sont victimes de violences et où elles doivent décupler leur énergie, leur ténacité et parfois se mettre en danger pour se faire entendre et mener à bien les actions et les projets qui leur tiennent à coeur pour une société meilleure.
 
Les projets qu'elles ont montés, les actions qu'elles mènent, valent la peine d'être connus.

Faites connaissance avec elles, françaises et d'ailleurs, découvrez leurs projets, et spécialement celui d'une collégienne nigériane de 14 ans qui a retenu mon attention....et attisé ma curiosité !

17 décembre 2012

Rota Jovem, une association de jeunes, pour les jeunes, à Cascais-Portugal


A l’occasion du Symposium organisé par le  Centre Européen du Volontariat qui s’est tenu du  18 au 20 octobre dernier à Cascais au Portugal ("Vivre ensemble : le bénévolat dans une société sans discrimination d'âge"), la représentante d’Espace Bénévolat a eu l’occasion de rencontrer l’équipe dynamique de l’association Rota Jovem en plein centre de la ville de Cascais.

Laissons la parole à  Aurélia
 

Rota Jovem (littéralement "Route jeunesse" ou "Destination jeunesse") est une association de jeunesse qui oeuvre pour motiver les jeunes à une participation active dans la société, éveiller leur conscience citoyenne, les motiver à l’action solidaire, les responsabiliser et les aider à développer leurs idées  et monter des projets dans différents domaines, sociaux, culturels, environnementaux, etc… Elle fait partie de la Fédération Nationale des Associations de Jeunesse.

Un lieu convivial
Ce qui frappe au premier abord quand on rentre dans ce petit bâtiment (ancien centre de traitement des eaux réhabilité) c’est sa magnifique terrasse avec des tables et des chaises sous les arbres ainsi qu’un babyfoot. Le rez-de-chaussée du bâtiment offre tout ce qu’il faut pour organiser des soirées, enregistrer des émissions de radio, regarder des films…
L’équipe administrative est au sous-sol, au calme.
 
Des activités d’échanges et d’élaboration de projets
Le lieu est particulièrement adapté pour remplir la mission principale de l’association : proposer aux jeunes de se rencontrer, de participer à des activités culturelles , des ateliers artistiques, et surtout à terme de monter leurs propres projets qui seront proposés aux autres jeunes.
L’équipe salariée est alors là pour les accompagner dans leur projet et trouver les financements.
Quelques exemples d’activités proposées : Opération de nettoyage des lieux publics, randonnées, activités sportives, concours photo, conversations en anglais avec un volontaire européen …

 Mais l’action de l’association a aussi une dimension internationale :

Elle aide les jeunes qui souhaitent réaliser un Service Volontaire Européen, participer à un chantier international ou monter le dossier qui leur tient à coeur.
Rota Jovem organise chaque année plusieurs chantiers internationaux, en partenariat avec des associations locales, et fait alors appel à une centaine de jeunes venus d'autres pays. Leur dernier chantier à permis la rénovation d’une école et la création d’œuvres originales pour la décorer.
L’association organise aussi de nombreux échanges internationaux avec un grand nombre de pays en Europe ou hors d'Europe grâce à un vaste réseau de partenaires qui pousuivent les mêmes objectifs. De nombreux jeunes peuvent ainsi découvrir un autre pays lors de séjours de 2 à 3 semaines et participer à des chantiers. Quatre jeunes volontaires européens sont reçus chaque année au sein même de l'association.
L’association fête cette année ses 20 ans, et entend bien renforcer ses actions d’autant qu’elle bénéficie d’un franc soutien de la municipalité, tant financier que moral.
 
Mais un déficit de mixité sociale
La discussion avec les responsables de l’association a pu mettre en lumière la fracture sociale qui existe dans la ville balnéaire de Cascais entre le centre ville, plutôt aisé, et certains quartiers plus pauvres, appelés quartiers « sociaux ».

Cette fracture perdure dans l’association puisque les jeunes de ces quartiers défavorisés sont très peu nombreux à rejoindre l’association et à profiter des opportunités offertes. L’association a tenté quelques actions pour se faire connaitre dans ces quartiers mais avec peu de succès. Lors de notre rencontre, les responsables m’ont avoué n’être eux même pas très à l’aise avec ces populations et ne pas se sentir formés pour avoir une action auprès de ces publics.

 

                                                                                              Rédigé par Aurélia Picard

04 novembre 2012

Reconnaissance du bénévolat.....une pratique québécoise affirmée

Comment témoigner de la reconnaissance aux bénévoles de manière concrète et officielle ? C'est un sujet largement abordé dans le livre blanc publié à l'issue de l'année européenne du volontariat et du bénévolat, qui fait état de nombreuses suggestions émises par les représentants des différents Etats membres...pouvant aller jusqu'à une reconnaissance au plus haut niveau de l'Etat !
 

Le Canada, et plus particulièrement le Québec est toujours une référence, et il est souvent intéressant d'aller visiter les sites du bénévolat québécois.


C'est ainsi que j'ai découvert que chez nos cousins de "la belle province" il existe une procédure de reconnaissance au plus haut niveau puisqu'elle relève du Gouvernement, une distinction officielle spécifique à l'action bénévole.
Il suffit, pour les associations, d'en faire la demande auprès du "Ministère de l'Emploi et de la solidarité sociale, Secrétariat à l'action communautaire autonome et aux initiatives sociales", qui délivre une "attestation de reconnaissance".

Pour avoir une idée des renseignements à fournir :  Le formulaire de demande, à remplir par les associations québécoises.

Il existe par ailleurs un certain nombre de prix décernés à des bénévoles dans différents domaines : le Prix québécois, le Prix du Gouverneur général pour l'entraide, le prix hommage-bénévolat Québec et bien d'autres encore....

Pour en savoir plus sur le bénévolat au Québec, visitez le site du Secrétariat à l'action communautaire.

03 mai 2012

Le bénévolat des migrants, une voie vers l'intégration ?

L’importance de l’activité bénévole pour l’intégration des migrants paraît une évidence, mais pour diverses raisons, on ne dispose pas de données statistiques. Des obstacles demeurent, qui constituent autant de freins, aussi bien de la part des migrants eux-mêmes que des associations. Un rapide détour par le Canada, et plus particulièrement le Québec, nous offre un bel exemple de la place et du rôle du bénévolat dans la société canadienne (tout comme dans tous les pays de tradition anglo-saxonne), et plus particulièrement pour ce qui est du bénévolat des migrants.

Le bénévolat, inscrit dans la culture canadienne
Environ 50%  des canadiens d’âge adulte pratiquent une activité bénévole. Plus particulièrement au Québec, plus de deux millions de personnes d’âge adulte sont concernés et 48% des jeunes de 15 à 24 ans. En ce qui concerne les « aînés », chaque bénévole de 65 ans ou plus effectue en moyenne 168 heures par an.      

….et passage officiellement recommandé pour une intégration
Concernant les « personnes nouvellement arrivées » (terme utilisé pour désigner les immigrés), les informations fournies sur le site du « Secrétariat à l’action communautaire et aux initiatives sociales » du Gouvernement du Québec indiquent que les étrangers sont presqu’aussi nombreux que les « natifs » à pratiquer le bénévolat, dépassant même ces derniers en nombre d’heures fournies. Ils y consacrent en effet 171 heures par an !
Voir la page "bénévolat" du site du Secrétariat à l'action communautaire

Ce constat est repris par une étude de l’Université Carleton d’Ottawa (étendant le sujet à l’ensemble du Canada) qui fait état d’un taux de 40% de bénévoles parmi les migrants.
Le bénévolat est quasiment un passage obligé pour l’intégration et la recherche d’emploi. Il permet les échanges de compétences, une meilleure connaissance du fonctionnement de la société canadienne, et de ses valeurs, une amélioration de la pratique linguistique ; il favorise un enrichissement réciproque, l'apprentissage de la tolérance, la création de lien social, etc…Le bénévolat est comptabilisé comme expérience professionnelle à l'occasion d'une recherche d'emploi.

Afin de montrer l’importance qu’il y attache et de marquer  officiellement sa volonté politique, le  gouvernement du Québec a édité un dépliant destiné aux migrants, vantant l’intérêt du bénévolat autour des slogans suivants : Vous souhaitez vous intégrer rapidement à la société québécoise ? Vous désirez améliorer vos perspectives d’emploi ? Vous avez envie de mettre vos compétences et votre expérience au service des autres ? Vous rêvez d’appuyer une cause ? L’action bénévole, c’est pour vous ! et, chose intéressante, le dépliant précise que la maîtrise du français n'est pas toujours un préalable !!

La frilosité française
On connaît relativement peu de choses en France sur le bénévolat des migrants. On sait seulement qu’ils interviennent essentiellement dans des associations communautaires et que leur participation commence timidement à se manifester dans d’autres secteurs sociaux, sans que l’on puisse en connaître l’importance numérique pour la raison précisée dans un rapport établi en 2006 à l’initiative du Centre Européen du Volontariat. Celui-ci souligne en effet le « tabou républicain  qui empêche de demander dans les études nationales l’origine ethnique des personnes interrogées, ce qui est un obstacle majeur à une connaissance statistique du phénomène … »   et donc à la définition et l’adaptation de politiques ciblées favorisant le bénévolat des migrants.
Celui-ci n’est abordé qu’à propos des associations communautaires (associations de villages, culturelles, d'aide au développement..) sans pour autant poser une problématique plus générale d’intégration, puisque l'on assiste plutôt à un certain « resserrement communautaire ». Des tentatives d’élargissement existent cependant et l’on trouve quelques immigrés bénévoles dans des associations plus généralistes (médiation, soutien scolaire, prévention/information santé, défense des droits), mais qui s’adressent la plupart du temps à un public issu des mêmes pays d’origine.

Des barrières encore solides
Les barrières rencontrées  sont de divers ordres : frein statutaire (régularisation), linguistique, financier, éducatif et culturel (les associations sont souvent perçues comme des prestataires de services et les migrants comme des publics destinataires de prestations…) De manière générale, il est plus souvent question d’associer des étrangers dans des actions qui les concernent en tant qu’étrangers, plutôt que de promouvoir  et  considérer le bénévolat des migrants comme un facteur important pour leur intégration et leur recherche d’emploi.
Les associations ont donc un rôle important à jouer en suscitant et en facilitant leur intégration parmi leurs bénévoles, non en leur qualité d’étrangers afin d’aider leurs compatriotes, mais avec la volonté de les faire participer à des activités sociales plus généralistes ouvertes à tous publics et de leur donner une occasion d'intégration. Le bénévolat des migrants ne rencontre pourtant aucun obstacle juridique en France

Le projet « Tremplin migrant(e)s »
Le Projet Tremplin Migrant(e)s est un projet initié par l’IRIV (Institut de Recherche et d’Information sur le Volontariat), Autremonde et Femmes Egalité, et soutenu par l’ACSE, la Région Ile de France et le Fonds Social Européen. Il propose de sensibiliser les associations et les migrants à l'engagement bénévole comme vecteur d'intégration sociale et professionnelle. «Son but est de changer les perspectives : les migrants ne sont plus considérés seulement comme un "public" mais comme des acteurs associatifs à part entière. En touchant un public large d'associations, de communes, de réseaux de migrants, le projet  veut insister sur le rôle du bénévolat comme moyen de lutter contre les discriminations dans la société et en particulier auprès des femmes migrantes »
Un portfolio a été réalisé, abordant l'intérêt du bénévolat pour les migrants et identifiant les compétences qu'ils peuvent mettre en oeuvre
Les initiateurs du projet ont déjà organisé courant 2011 des rencontres à Paris, dans la Seine Saint Denis et l'Essonne afin de sensibiliser des publics de migrants à l'intérêt pour eux, de se lancer dans des actions de bénévolat, et inciter les associations à les recruter dans une perspective de cohésion sociale.
Cette action doit se prolonger plus spécifiquement en direction des associations et des structures publiques ou privées chargées du premier accueil des migrants.
Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de la poursuite de ce projet.

En effet, la question revêt une importance cruciale et a toute sa place dans le débat actuel qui a instrumentalisé le problème de l'intégration à des fins électoralistes. Les difficultés d'intégration des immigrés n'en demeurent pas moins une réalité. Les associations ne peuvent-elles pas jouer un rôle allant au-delà de la production et la fourniture de prestations ? Un certain nombre tentent de le faire...

Pour en savoir plus  sur ce projet.

29 mars 2012

En Espagne, des bénévoles pour assurer les services publics..



Lu dans le Courrier International du 15 mars 2012 : En Espagne, des citoyens se portent volontaires pour pallier les restrictions budgétaires imposées aux services publics.

http://www.courrierinternational.com/article/2012/03/13/de-la-participation-citoyenne-comme-remede-a-la-crise

Expression d'une conscience citoyenne collective ou désengagement progressif de l'Etat ? Assiste-t-on à une évolution du bénévolat vers une conception plus "anglo-saxonne" ? Doit-on y voir une limite à l'utopie de l'"Etat Providence" ?

06 février 2012

Bienvenue sur le blog de Tous Bénévoles



Ce blog s'adresse à tous, associations, bénévoles, tous publics intéressés par l'action bénévole et l'engagement citoyen.


Le bénévolat, un enjeu de société
L'Union européenne vient de lui consacrer une année, au cours de laquelle de nombreux débats on eu lieu et de nouvelles pistes de réflexion lancées. Elles traduisent l'intérêt grandissant des pouvoirs publics et de la société civile qui y voient un vecteur important pour le développement et l'expression d'une conscience citoyenne. Le bénévolat dépasse aujourd'hui le rôle purement caritatif dans lequel on le cantonne encore parfois. Il a acquis ses lettres de noblesse en devenant partie prenante des grands enjeux de notre société (lutte contre les discriminations et l'exclusion, immigration, éducation, santé, montée de la violence, etc...)


...et matière à débats
C'est dans ce contexte qu'Espace bénévolat souhaite faire vivre ce blog et vous le faire partager :

  • en proposant des articles sur le bénévolat et le monde associatif (actualités, questions de fond, résumés d'articles ou d'ouvrages, évènements, regards vers d'autres pays...)
  • en suscitant des commentaires et des témoignages d'associations et de bénévoles sur leurs pratiques quotidiennes et les problèmes rencontrés.

Soyez nombreux à intervenir !