22 février 2015

Des bénévoles au secours de la République ?

Après la terreur, l'effroi et la peur suscités par les évènements du début de l'année, les voix se sont élevées, nombreuses, pour dénoncer et expliquer les causes du mal-être de certains jeunes et du refuge qu'ils trouvent dans des idéaux qui les coupent de leur milieu familial et scolaire, de la société tout entière, et les entraînent dans un engrenage de repli et de violence.  

Toutes les voix se sont fait entendre, à croire qu'elles n'étaient sans doute pas assez fortes jusque-là...et pourtant !

Chômage, politique migratoire, école "démissionnaire", politique urbaine, politique pénale et carcérale, démission des parents, permissivité et laxisme, manque d'effectifs dans la police et l'enseignement, budgets réduits, contexte géopolitique, conséquences de la colonisation...

Certaines voix appellent à des solutions  radicales telles que les sempiternels "faut qu'on", "y'a qu'à". D'autres y trouvent une aubaine pour flatter leur auditoire et renforcer leur discours politique. D'autres, enfin, relèvent d'une réflexion plus profonde mais de peu de rapport électoral à court terme.

Laissons là les réflexions fort intéressantes des philosophes, sociologues, psychologues, politiciens, urbanistes, économistes, historiens... et tournons nous dans l'immédiat vers ce que nous, citoyens "lambda", pouvons apporter.

L'école, lieu d'apprentissage des valeurs républicaines
Très rapidement, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education Nationale, après avoir reçu les représentants des enseignants, les recteurs, les anciens ministres de l'éducation nationale, a annoncé le 22 janvier dernier un ensemble de mesures pour "une grande mobilisation de l'Ecole pour les valeurs de la République".

Parmi celles-ci, retenons  :
  • La promotion de la laïcité et la transmission des valeurs de la République :
    • formation prochaine de 1000 formateurs qui aideront les enseignants à aborder avec les élèves les questions relatives à la citoyenneté, la laïcité, la lutte contre les préjugés,
    • module de formation à l'enseignement laïc du fait religieux
    • mise en place d'un portail de ressources destinées à lutter contre le racisme et l'antisémitisme,
    • enseignement moral et civique,
    • cours d'éducation aux médias et à l'information,
    • Rétablissement de l'autorité des maîtres et des rites républicains
  • Le développement de la citoyenneté et de la culture de l'engagement citoyen
    • création d'une "réserve citoyenne" d'appui aux établissements scolaires dans chaque académie
    • renforcement et développement de la relation entre les parents et l'école
    • renforcement des liens avec les associations de lutte contre le racisme et l'antisémitisme
    • incitation des jeunes à la prise de responsabilités
Des bénévoles au secours de la République ?
Une "réserve citoyenne" auprès de chaque académie, composée de bénévoles, viendra donc renforcer le travail de l'école, sans que l'on sache encore vraiment le contenu de cette mission.  Seront notamment sollicités pour participer à cette réserve "les personnes désireuses d’apporter leur concours aux missions de l’École, les bénévoles d’associations partenaires au plan local et les délégués départementaux de l’Éducation nationale (DDEN)"

Des appels à candidatures sont d'ores et déjà lancées par le ministère de l'Education Nationale. Depuis l'ouverture des pré-inscriptions le 9 février, plus de 1500 candidatures ont été enregistrées en une semaine.

Pour l'heure, il ne s'agit que de pré-inscriptions. Une fois le profil des volontaires vérifié et validé, les candidats devront envoyer quelques mots de motivation pour une inscription définitive, puis les académies dresseront des listes de "réservistes" qui seront à la disposition des établissement scolaires et professeurs demandeurs

http://www.education.gouv.fr/cid86145/la-reserve-citoyenne-de-l-education-nationale.html

http://www.lareservecitoyenne.fr/ (formulaire d'inscription)

Mais à côté de cette "réserve citoyenne",  les bénévoles d'associations qui  interviennent dans l'accompagnement à la scolarité ne sont-ils pas également concernés ?
En effet de nouveaux enseignements vont être mis en place avec une orientation bien précise, celle de la transmission des valeurs républicaines qui transformera quelque peu, et tant mieux, l'enseignement traditionnel et souvent mis au second rang, de l'instruction civique. http://placedubenevolat.blogspot.fr/2012/04/le-benevolat-dans-les-programmes.html

Par ailleurs, le gouvernement a insisté sur la nécessité absolue de maîtriser le français, ce qui fera l'objet d'évaluations et de mises à niveau individulisées, et de favoriser l'acquisition du langage chez les plus petits.
 
Enfin, Manuel Valls a également souligné l'importance de l'enseignement de l'Histoire "pour aimer ce que nous sommes et d'où nous venons". L'Histoire, en effet, n'est plus enseignée qu'au travers du prisme presqu'exclusif de l'économie, sans repères chronologiques et sans être appréciée dans la dimension de "causalité historique" qui veut que toute période de l'histoire d'un pays puise en partie ses racines dans les évènements passés...même s'ils sont parfois peu glorieux. Important aussi d'enseigner l'histoire de la laïcité en France, comment et pourquoi ce grand  principe républicain, une originalité française, est né.

Une mission sensible et délicate
Qu'il s'agisse de la réserve citoyenne  ou de bénévoles investis dans l'accompagnement à la scolarité, il s'agira d'un investissement d'une nature particulière car il mettra en œuvre les valeurs et les convictions de chacun.
 
Pour ne rendre qu'un exemple, celui de la laïcité, les  nombreux débats ont montré que celle-ci est susceptible d'approches différentes, et l'on ne sait plus très bien ce que recouvre cette notion affirmée dans la loi de 1905 dans le contexte de l'époque. On se souvient des débats houleux autour des repas dans les cantines scolaires, de l'abattage des animaux, des crèches, de la fréquentation des piscines, du port du voile, des urgences à l'hôpital. S'agissait-il vraiment de laïcité pour tous les opposants, ou certains n'y mettaient-ils pas des arrières pensées moins glorieuses et plus proches d'un racisme à l'égard d'une communauté désignée ? On peut légitimement s'interroger...

Il en sera de même autour des "valeurs républicaines" dont le contenu fait débat, notamment à propos des symboles et des rites de la République, et davantage encore autour de l'enseignement du fait religieux qui revient à la une (une très bonne chose !), malgré l'opposition de longue date de très nombreux enseignants.
 
Il sera donc demandé beaucoup de compétence pédagogique, de savoir-faire, de savoir-être et de neutralité aux bénévoles qui s'investiront dans cette "mobilisation pour les valeurs de la république". Le rôle des associations, déjà engagées dans cette voie,  sera primordial pour répondre à cet appel de manière appropriée et réfléchie. C'est à l'Etat, néanmoins, d'en fixer le cadre sans qu'il s'agisse pour autant d'instituer un "catéchisme laïc et républicain" !

Pourquoi ne pas recourir alors à un "guide pratique" à l'usage des bénévoles ?

Espérons aussi que la collaboration avec l'école se fera dans l'esprit de l"'unité nationale" du 11 janvier et que seront tues et mises de côté les suspicions réciproques.
 
Je voudrais enfin mentionner une association qui, depuis quelques années, intervient dans les écoles, afin de mobiliser les enfants à l'engagement citoyen. Il s'agit de l'Ecole de la Philanthropie dont nous avons déjà eu l'occasion de parler.

http://www.ecoledelaphilanthropie.org/ 
http://placedubenevolat.blogspot.fr/2014/02/a-lecole-de-la-philanthropie-il-nest.html


Voir le texte intégral des mesures préconisées par Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education Nationale 

http://www.youscribe.com/catalogue/tous/actualite-et-debat-de-societe/education-nationale-2538056"



Une école autrefois.....les filles d'un côté, les garçons de l'autre
et tout le monde, les bras croisés !

15 janvier 2015

2015.......Tous bénévoles !

Devenir bénévole, c'est l'un des vœux formés par un certain nombre de français, après la résolution habituelle de faire davantage de sport en début d'année (mini-enquête menée par une grande chaine de télévision le 1er janvier) !

Alors, qu'on se le dise,  être bénévole, donner de son temps pour aider les autres, défendre une cause...ce n'est pas difficile. Il suffit de quelques clics pour découvrir le nouveau site "Tous bénévoles", développé et mis en ligne en décembre dernier par l'association Espace Bénévolat
 

"Tous bénévoles", un site de mise en relation associations/bénévoles
Espace Bénévolat occupe une place prépondérante dans la mise en relation, via internet, entre associations et bénévoles (38.000 mises en relation en 2014, soit une progression de +42% par rapport à 2013 !
Signe des temps ? sûrement, car l'intérêt des français pour l'action bénévole ne cesse  de grandir, les enquêtes le montrent.
Alors, afin de renforcer l'attractivité de son site, Espace Bénévolat a procédé à une véritable refonte de celui-ci afin de l'adapter au mieux aux besoins des publics concernés et d'offrir une présentation plus claire et plus lisible, et une ergonomie plus efficiente.
Le nom retenu, "Tous bénévoles" est d'ailleurs la traduction d'un dynamisme résolument marqué.


"Tous bénévoles", des fonctionnalités au service des utilisateurs
Chaque catégorie de public dispose d'un espace dédié (bénévoles, associations, entreprises, collectivités) http://www.tousbenevoles.org/  :

Un espace dédié aux bénévoles et futurs bénévoles : créer un compte et déposer un CV pour  être contacté par une association, trouver une mission répondant à ses goûts et ses aspirations, une mission ponctuelle ou urgente, trouver une association près de chez soi ou une association que l'on connaît et dont on apprécie particulièrement l'objet et l'activité, contacter un conseiller pour s'orienter, et trouver toutes les informations pour être accompagné dans sa recherche.. et pour les jeunes de 4-25 ans, un lien vers le site qui leur est particulièrement réservé http://www.jeuneetbenevole.org/
  • Un espace dédié aux associations qui, après adhésion, peuvent bénéficier des services d'Espace Bénévolat (conseils, guides pratiques...),déposer des fiches de mission consultables par les bénévoles ou contacter un bénévole qui aura particulièrement attiré leur attention...et enfin bénéficier des services du Programme Alpha B qui s'adresse plus particulièrement aux associations dont les activités sont tournées vers l'accompagnement à la scolarité et les formations de base pour adultes (guides, formations, rencontres...) de même que des formations d'adressant à toutes les associations   http://www.programmealphab.org/
  • Un espace dédié aux entreprises qui désirent encourager l'engagement de leur salariés dans des actions bénévoles (organisation de journées de solidarité, séminaires, préparation à la retraite, bénévolat de compétence...)
  • Un espace dédié aux collectivités afin de les inciter à renforcer le lien social sur leur territoire par la rencontre entre associations et candidats bénévoles, en leur apportant un soutien dans la création de relais locaux, l'organisation de conférences et de formations en direction des associations, etc...

"Tous bénévoles"...un site qui donne envie d'agir
Il est ergonomique, convivial, clair, d'une grande lisibilité, ce qui rend la consultation facile en quelques clics. Parmi la grande diversité des missions offertes, chacun peut trouver une action adaptée à ses contraintes (lieu, horaires), ses goûts et ses aspirations (pas loin de 30 domaines d'activités couverts), sa disponibilité (mission ponctuelle, de courte durée  ou plus longue et régulière)

Alors  pourquoi ne pas essayer ?

Les évènements tragiques récents ont révélé que la solidarité n'est pas un mot vide de sens dans notre pays. Ils ont mis aussi en évidence la nécessité de donner priorité aux valeurs de tolérance, de laïcité, de fraternité, dont le respect s'impose si l'on veut vivre dans une société digne de ce nom.

Priorité doit être donnée à l'école, qui devrait être l'un des piliers de l'apprentissage de la citoyenneté, mais les associations ont aussi un immense rôle à jouer au travers ou à l'occasion des activités qu'elles proposent.

Il n'y a plus à hésiter !

http://www.tousbenevoles.org/ 

09 janvier 2015

Un message du Mouvement Associatif...Tous engagés pour Charlie


Tous engagés. Pour Charlie. Pour nos valeurs.

ill-charlie
"Le Mouvement associatif appelle les associations à se joindre aux mobilisations citoyennes organisées sur tout le territoire dans les jours qui viennent.
L’odieux attentat qui a frappé Charlie Hebdo nous touche au cœur. Réagir ensemble, au nom des valeurs qui nous rassemblent est une ardente obligation.
Le Mouvement associatif appelle chacun des français à rejoindre les différentes initiatives de solidarité organisées dans toute la France. A Paris, une marche républicaine partira à 15h00, dimanche 11 janvier, de la Place de la République.
D’autres initiatives de plus long terme devront être prises dans lesquelles Le Mouvement associatif prendra toute sa part."

Mon commentaire : les valeurs d'humanité s'imposent sans restriction à chacun de nous, les valeurs républicaines qui sont les nôtres depuis plus de 200 ans se rappellent à nous d'une façon criante face à la barbarie, les clivages religieux n'ont plus leur place, seule une communauté de citoyens doit parler d'une seule voix pour combattre les amalgames. Les associations ont un grand rôle à jouer...




07 décembre 2014

Des jeunes bénévoles à l'honneur pour leur engagement...

Pour la quatrième année, le prix Jeune § Bénévole, créé par l'association Espace Bénévolat, vient d'être décerné le 3 décembre dernier dans les salons de l'Hôtel de ville de Paris lors de la soirée BénéVolt, par Pauline Véron, adjointe à la maire de Paris, en charge de la vie associative, et Isabelle Persoz, fondatrice d'Espace Bénévolat.

Rappelons que ce prix récompense les meilleurs témoignages de jeunes de moins de 25 ans en faveur du bénévolat et du volontariat. Les quatre lauréates (puisqu'il s'agit de jeunes filles) sont issues d’une liste de dix nominés sélectionnés par les votes des internautes sur www.prixjeunebenevole.org.  25 000 votes se sont portés sur les candidats originaires de la France entière. Pour déterminer les gagnants, le jury a pris en considération tant la mission bénévole elle-même que la qualité des témoignages en faveur du bénévolat, notamment par l’originalité formelle et la force de l’expression. Il était composé de représentants du CIDJ, d'Espace Bénévolat, d'Etudes & Chantiers, de la Fondation Vinci, des Missions Locales de Paris, de Jeveuxaider.com, de OneHeartChannel, de l'OFAJ, de Phosphore et de RockCorps.

Qui sont ces bénévoles ?

Elise AGBOLO, 22 ans, Lille, Association des Paralysés de France.

Suite à un accident de voiture, Elise s'est retrouvée en fauteuil roulant. Après quelques mois de rééducation, elle réussit à remarcher et décide de venir en aide aux personnes en situation de handicap. Depuis, elle part chaque été en séjour avec l'APF Évasion, pour accompagner des personnes handicapées. Grâce à cet engagement elle a trouvé sa voie et fait désormais des études dans le domaine de la santé.

« J'étais partie accompagner des personnes en situation de handicap en vacances dans le but d'apporter quelque chose à leur vie mais au final... elles ont changé la mienne ! »..."des  moments de partage inoubliables où les différences n'ont plus d'importance"
"On ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible pour les yeux"  (Saint Exupéry)
Elise gagne un séjour solidaire offert par Jeunesse & Reconstruction et Amitiés France Acadie

Katia FERROUHKI, 18 ans, Montpellier, Association Le Refuge.
A 16 ans, après avoir lu une publicité en attendant son bus, Katia décide de devenir bénévole au Refuge, association nationale qui accueille des jeunes homosexuel(le)s exclus de la société. Six mois plus tard, elle est nommée responsable des bénévoles.
« En étant bénévole on donne certes mais on reçoit surtout. Les jeunes et l'équipe du Refuge ont participé en quelque sorte à mon «éducation » et m'ont permis d'être ce que je suis aujourd'hui. J'ai maintenant 18 ans et mon expérience au Refuge sera la plus belle des expériences qu’il m’ait été donné de vivre ».

Katia gagne un séjour solidaire offert par Études & Chantier

Lise BACHMEYER, 21 ans, Paris, Association Main dans la Main et Solidaires.
 
Tous les dimanches soirs, Lise se rend dans le service de neuro-pédiatrie d'un grand hôpital pédiatrique parisien afin de prendre un instant le relais des parents, en berçant les bébés et en jouant avec les enfants en salle d'attente ou hospitalisés. Elle déborde d'énergie et sait transmettre sa passion et son envie de s'engager dans un milieu bien difficile.

« Ces enfants que je rencontre me font grandir et devenir adulte. En devenant bénévole dans un grand hôpital parisien, j’avais le désir de donner de mon temps. Je n’attendais rien en retour ; je ne pouvais imaginer que je recevrais autant, que les moments passés avec les enfants me rendraient différente »..."Venir à l’hôpital chaque semaine, c’est accepter de se transformer : lorsque je repars, je suis une autre personne, je relativise beaucoup et redéfinis les priorités de la vie. "

Lise gagne un séjour à l'UCPA.
 
Camille FERRARI, 20 ans, Suresnes, La Croix Rouge Française.

 
Ses amis lui demandent comment elle arrive à être bénévole en parallèle de ses études, sans rien recevoir en retour... Camille leur explique qu'elle reçoit bien plus qu'elle ne donne. Et que l'équipe de la CRF est devenue sa seconde famille qu'elle aime retrouver le soir après ses cours. Son projet, créer une nouvelle structure, et pourquoi pas un relais de la CRF dans son prochain établissement d'études supérieures. ./.

« Aller à la rencontre des personnes en marge de la société me fait énormément relativiser, car, avouons-le , combien d'entre nous passent devant les sans abris en détournant le regard ? Un bon nombre malheureusement et j’en faisais parte ! Mais aujourd’hui j’ai compris que nous pouvions apporter du bonheur à ces personnes ».

Camille gagne un séjour solidaire en Allemagne offert par l'Office Franco Allemand pour la Jeunesse.




De gauche à droite : Katia Ferrouhki, Pauline Véron, Lise Bachmeyer, Elise Agbolo, Camille Ferrari, Isabelle Persoz


Bravo et merci à ces jeunes bénévoles qui donnent une belle image de la jeunesse et communiquent leur enthousiasme et leur énergie

                   
                             Informations recueillies auprès de Jean-Claude Hanot et Aurore Leclerc
                                                             (Espace Bénévolat)

20 novembre 2014

Vers une nouvelle donne de l'action bénévole ?

Une étude menée par Recherches et Solidarités (auprès de 3464 bénévoles) et publiée au début de l'été dernier (11è édition de la France bénévole), conduit à s’interroger sur l'évolution du modèle de l'action bénévole et de sa prise en  compte par les associations.


Les raisons probables     
  • la crise économique qui a modifié les comportements des acteurs économiques et sociaux que sont les bénévoles, ceux-ci intervenant de plus en plus dans des actions hors du cadre associatif et mettant en avant le critère d'utilité de leur action,
  • l'évolution démographique qui souligne l’importance de l’engagement chez les 25-49 ans (qui passe de 32% à 46%) et chez les plus de 65 ans (36%)
  • une interrogation sur la gouvernance associative plus souvent remise en cause et qui fait l'objet de méfiance à l'égard de certains fonctionnements "jugés chronophages, prisonniers d'habitudes et souvent caractérisés par l'entre soi".
Quelques chiffres
·       24,6% des français sont engagés dans une association (contre 22,6% en 2010). Le nombre de bénévoles est ainsi passé de 11,5 millions à 12,5 millions entre 2010 et 2013
·       ceux qui interviennent de façon régulière et hebdomadaire dans une association représentent 10,5% des bénévoles, contre 12,5% en 2010. Ils ne sont plus que 5,5 millions contre 6,5 millions en 2010
·       de plus en plus de bénévoles préfèrent agir ponctuellement (92%) et concrètement (80%) et attendent plus de satisfaction personnelle (73%)
·       les sources de satisfaction se regroupent autour du sentiment d’être utile (67%), de l‘intérêt porté au projet associatif (55%), des missions confiées (51%), de la convivialité (47%)

Les réponses des bénévoles aux questions posées sur leur engagement
(NB : la grande majorité de ces affirmations sont partagées par les responsables d’associations et les bénévoles et confirment l’analyse statistique en l’explicitant)
 
Sur l’engagement
·       de plus en plus de bénévoles préfèrent agir de manière ponctuelle et concrète en fonction de leurs disponibilités, et de nouvelles formes d'engagement se font jour, mettant l'accent, avant tout, sur l'utilité sociale, sans pour autant mettre de côté l'épanouissement personnel et l'acquisition de compétences 
·       on donne de plus en plus de temps gratuitement en dehors des associations et directement autour de soi (églises, écoles, mairies…) 
·       les bénévoles sur lesquels l’association peut vraiment compter sont de moins en moins nombreux, « mais on trouve toujours des bénévoles pour donner un coup de mains ponctuellement »
Sur l’attente des bénévoles auprès des associations
·       Les bénévoles sont de plus en plus motivés par des actions concrètes 
·       Plus réticents à prendre des responsabilités, ils souhaitent cependant de plus en plus comprendre comment marche leur association et être associés à sa gestion. Ils exigent de plus en plus de transparence financière.
·       Ils attendent plus qu’avant, des satisfactions personnelles (moins d’abnégation)
Sur le ressenti des bénévoles et l’évolution de leur engagement
·       Un tiers d’entre eux reconnaît donner moins de temps à une ou des associations au profit d’actions plus ponctuelles, mais beaucoup seraient prêts à l’avenir à donner un peu plus de temps.
·       Plus de la moitié déclare avoir des responsabilités (avec un « pic » chez les 18-25 ans)
·       Ceux qui souhaiteraient avoir davantage de responsabilités sont très minoritaires
·       Beaucoup ont décidé de donner plus de temps à des personnes ou des projets hors du cadre associatif (assez sensible chez les seniors)
·       Globalement, plus des deux tiers des bénévoles soulignent qu’ils ont aujourd’hui davantage de satisfactions dans le bénévolat.
·       Quant aux insatisfactions avancées, on note moins de convivialité et d ‘esprit d’équipe, le sentiment d’être moins utile et une exigence de plus en plus grande des adhérents ou des bénéficiaires.

Ce qui doit alerter les associations….
·       les bénévoles sont plus réticents à prendre des responsabilités au sein des associations (72%), à l’exception des jeunes (80%) qui se disent prêts à donner plus de temps et prendre des responsabilités
·       leur engagement régulier hebdomadaire est sensiblement moins important
·       ils attendent plus de satisfaction personnelle (73%), (ce qui pose une fois de plus le problème de la reconnaissance), exigent plus de transparence financière (72%) et souhaitent mieux comprendre le fonctionnement de leur association et être associés à sa gestion.

Enfin, le bénévolat hors du champ associatif qui a pris une certaine ampleur devrait faire l’objet d’une réflexion globale au sein du mouvement associatif. Il démontre un besoin d’actions concrètes qui paraissent plus utiles aux yeux de ceux qui s’y investissent et une capacité d’innovation qui ne trouve pas toujours son épanouissement ou d’écho au sein des associations.
Pour accéder à l'enquête dans son intégralité (11è édition de La France bénévole)
 

15 octobre 2014

Reporters d'Espoirs....un prix pour honorer des journalistes qui enquêtent sur les trains qui arrivent à 'heure !

 
"Avec Reporters d'Espoirs, ce que l'on cherche, c'est un humanisme médiatique" (Michèle Cotta)

Reporters d'Espoirs, une association tournée vers l'optimisme, des journalistes en quête d'espoirs
Reporters d'Espoirs est une association (ONG reconnue d'intérêt général) fondée en 2003 par des journalistes, qui s'est donné pour objectif de promouvoir une presse "optimiste", à côté d' une presse qui ne propage souvent que des nouvelles alarmantes.

En effet, comme le dit Samuel Etienne, journaliste-présentateur du JT de France 3, dans un édito paru dans le journal du prix Reporters d'Espoirs en mars 2012 :
 « Catastrophes, crimes, plans sociaux, crises politiques… En s’en tenant au déroulé des journaux télévisés, pas de doute : l’information, c’est le train qui n’arrive pas à l’heure, mieux, celui qui déraille.
A tel point que le JT se confond avec une litanie de très mauvaises nouvelles...... A force de ne mettre en avant que le négatif, le JT n’est plus un reflet du monde, mais une caricature, un portrait enlaidi de notre société, de notre planète."

Tout est dit. En effet, notre société est l'otage d'une information immédiate et mondialement partagée, qui nous fait connaître les évènements et les drames des 7 milliards d'habitants de la planète, en contribuant à la propagation de la peur, l'immobilisme, le repli sur soi.

Mais, en reprenant les propos lus sur le site de l'association, "lorsqu’elle (l'information)dévoile la face positive de l’activité humaine, c’est une autre histoire qui commence… Car chaque problème, chaque difficulté, mettent en mouvement des femmes et des hommes qui font face et prennent l’initiative. Ces bâtisseurs de l’avenir sont à l’origine d’innovations et de changements profonds. Leurs actions peuvent être identifiées puis démultipliées à une vaste échelle, à condition que les journalistes interviennent pour les faire connaître et les valoriser"

Telle est la profession de foi de Reporters d'Espoirs....

Cette association agit pour détecter, analyser et promouvoir dans les medias, des initiatives, partout dans le monde, qui mettent en oeuvre des solutions économiques, sociales et environnementales concrètes et constructives. Le concept d"infosolution" est né !
Elle est soutenue par un grand nombre de partenaires de la presse, mais aussi du secteur privé et public et d'associations. 

Un prix "Reporters d'Espoirs est attribué, récompensant des journalistes pour leurs sujets traités sous l'angle problème-solution. Il s'inscrit dans la mission de témoignage que s'est fixé l'association en faveur des journalistes qui "portent la bonne parole" et favorisent ainsi l'essaimage des initiatives porteuses de solutions

En octobre 2013, Reporters d’Espoirs a lancé le programme « La France des Solutions »
au Palais d’Iéna, (Conseil Economique, Social et Environnemental - CESE) en présence du Président de la République et de 600 décideurs des médias, des secteurs public et privé. Son ambition : démultiplier les informations et contenus porteurs de solutions, "pour donner envie d’agir au plus grand nombre."




Le 13 octobre 2014, au Palais d'Iéna, une journée entière consacrée à l'optimisme, en partenariat avec le CESE

Le matin a été consacré à la remise des prix "reporters d'espoirs", cinquième édition depuis la création de l'association.
Devant une salle comble, le jury (présidé par Michèle Cotta et composé en majorité de journalistes ) a présenté les lauréats dans chacun des organes de presse et six prix ont été attribués (presse écrite, web, TV, radio, prix jeunes, prix spécial "innovation")
Aïda Touihri (France 2) animait cette manifestation ouverte par Jean-Paul Delevoye, Président du CESE, qui a dit toute l'importance qu'il donnait à la diffusion d'informations sur une France qui ne baisse pas les bras.
Michèle Cotta, Jean-Paul Delevoye et en arrière plan,
Laurent de Chérisey et Gilles Vanderpooten

Laurent de Chérisey, l'un des fondateurs de Reporters d'Espoirs (avec Pierre Nougué) et Gilles Vanderpooten, actuel directeur de la rédaction et des programmes, ont retracé l'histoire de cette grande aventure et fait le point sur ce qu'est devenue aujourd'hui ce qui semblait être une utopie...

C'est ainsi qu'ont été récompensés :   

  • Pour la télévision, Sylvia Amicone pour son émission "Tous acteurs du changement" diffusée sur LCI le vendredi et le dimanche. Cette chronique hebdomadaire met en avant des solutions à fort impact social et environnemental, des entrepreneurs innovants qui font avancer le monde.
  • Pour le web, Sophie Brändström pour le webdocumentaire  "Ma vie à 2 balles".
Pour la radio, Nicolas Stoufflet pour l'émission "Les uns pour les autres" (programme diffusé le samedi sur France Info)

Pour la presse écrite, Michka Assayas pour son article "Détroit en quête de renouveau" paru dans Madame Figaro. sur la "renaissance" des friches industrielles de la ville grâce à l'action et au dynamisme de bénévoles et d'entrepreneurs sociaux qui on su créer "une vitalité dans les décombres".

Pour la catégorie Innovation, l'équipe de Canal+ qui suit le projet Kindia 2015. (programme de développement en Guinée)

Pour le prix "jeunes", les étudiants de l'ISCPA Toulouse (Institut Supérieur de la Communication, de la Presse et de l'Audiovisuel) qui ont créé un journal (Presse Orange) qui enquête sur des solutions innovantes http://www.iscpa-ecoles.com/presse-orange-01.html
Les prix remis étaient des œuvres de l'artiste tunisien Lassaâd Metoui autour du thème "le voyage des mots", chaque trophée symbolisant une phrase ou une citation retenue par l'artiste.
 
Enfin, le réseau "Reporters d'Espoirs" crée des émules hors de France. Deux journalistes (danois et espagnol) sont venus en témoigner. Des correspondants existent aux USA et en Grande Bretagne.

Il faut voir ce qui se défait mais aussi tout ce qui se fait" (Michèle Cotta)


L'après-midi, était présentée "la France des solutions". Cette manifestation, élargie au monde des décideurs publics et privés, nous a permis de faire la connaissance d'hommes et de femmes "qui ont osé" et ont présenté des projets "qui marchent". Elle était animée par le journaliste Nicolas Rossignol, en présence de Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la  Jeunesse et des Sports
La manifestation s'est ouverte, là aussi, par une allocution de Jean-Paul Delevoye sur le thème de l'espérance, affirmant que "le futur est la contestation du présent" et que "l'initiative personnelle crée une dynamique".

Parmi le grand nombre de projets présentés, quelques-uns ont particulièrement retenu notre attention :

  • Celui de Jean-Claude Mensch , maire de la commune d'Engersheim en Alsace (près de 2000 habitats), ancien mineur délégué CGT, qui a décidé tout d'abord de réduire considérablement les factures d'énergie de la commune en faisant appel à de nouveaux moyens (construction de la plus grande centrale d'Alsace, d'une puissance de 2,2 mégawatts, équivalente à la production énergétique de 800 foyers) puis d'aller vers une auto-suffisance alimentaire en créant un vaste champ maraîcher (avec la création de 8 emplois) qui fournit entièrement les cantines scolaires et enfin.... d'assurer le transport scolaire en utilisant des voitures à cheval ! Jean-Claude Mensch est fier, par ailleurs, que les impôts locaux de sa commune n'aient pas augmenté depuis 10 ans !
  • Celui de Charles-Edouard Vincent, créateur d'"Emmaüs Défi" qui agit également pour la réinsertion et l'emploi d'hommes et de femmes qui vivent dans la rue et qui ne veulent plus avoir recours aux institutions publiques ou privées traditionnelles. Un partenariat avec la Fondation Vinci a été conclu, cette dernière s'engageant à rechercher des solutions d'emploi au sein du groupe (déjà 5 personnes ont bénéficié d'un CDI dans une entreprise du groupe)
  • Celui de Serge Boureau qui a créé à Nantes, il y a sept ans,  une SCOP dans le secteur du bâtiment, qui compte aujourd'hui 180 salariés et qui permet une redistribution d'une partie des bénéfices. Il souligne que son entreprise a mieux traversé la crise que beaucoup d'autres du secteur.
  • L'intervention de Nicolas Sadirac qui s'investit totalement dans l'école d'informatique créée par Xavier Niel (PDG de Free) après avoir constaté le manque de 100.000 emplois d'informaticiens en France. Cette école est ouverte aux 18-30 ans avec ou sans bac, avec ou sans connaissance ou compétence en informatique... sans cours magistraux, priorité étant donnée à l'émergence de l'imagination et de la créativité. Cette initiative a déjà été couronnée de succès
  • Celui de Malik Badgi qui a créé une agence de voyages pour personnes handicapées, proposant aujourd'hui une cinquantaine de destinations. C'est lui qui a organisé un séjour à Rio pour des passionnés de foot-ball l'été dernier
  • L'intervention de Béatrice Boquien de "Solidarités Nouvelles face au Chômage" (SNC)  qui accompagne "autrement" les 20% de demandeurs d'emploi qui ne cherchent pas de travail, et ceux que ¨Pôle Emploi" ne peut pas suivre dans la durée, faute de moyens. Le résultat : un taux de réussite de 60% !
  • L'intervention d'Elefterios Kechagioglou pour "le plus petit cirque du monde" qui se propose, à travers l'apprentissage et la pratique des arts du cirque, d'apprendre à surmonter ses peurs, de valoriser l'effort, la persévérance, le respect des autres, l'entr'aide, la création collective...
Terminons en partageant cette maxime d'Aristote rappelée par un intervenant "l'espoir est le rêve de l'Homme en éveil"

Pour en savoir plus sur Reporters d'Espoirs http://www.reportersdespoirs.org/

08 octobre 2014

Année du vieillissement actif et de la solidarité intergénérationnelle.....on en reparle !

On l'avait oubliée !
C'était en 2012, l'année déclarée par le Parlement européen "année du vieillissement actif et de la solidarité intergénérationnelle"
Nous vous l'avions annoncée, mais le temps passant sans manifestation ou déclaration notable, nous l'avions oubliée !
Mais voilà que le 15 septembre dernier, la  commission européenne a remis son rapport au parlement européen. Nous ne l'attendions plus !

La Commission Européenne adopte un rapport sur l’Année européenne du vieillissement actif et de la solidarité intergénérationnelle 2012
Sans révélation fracassante, on découvre cependant que l'année 2012 a été riche en échanges d'expériences et de pratiques nationales, en évènements, publications, manifestations et mise en évidence, notamment, que les seniors participent à la vie citoyenne et "sont une richesse pour l'économie européenne" !

Elle a aussi été l'occasion de stimuler les débats publics autour des thématiques "pivots" (autonomie, participation citoyenne et solidarité intergénérationnelle, emploi), de lancer des projets et d'adopter des positions communes, notamment en matière de lutte contre les discriminations fondées sur l'âge.
 
Pour tout savoir,
- Le rapport de la commission :
http://www.silvereco.fr/la-commission-europeenne-adopte-un-rapport-sur-lannee-europeenne-du-vieillissement-actif-et-de-la-solidarite-intergenerationnelle-2012/3124858

"La forte solidarité intergénérationnelle qui caractérise les sociétés et systèmes de protection sociale de l’Europe ne peut être durable, dans un contexte de vieillissement de la population et de restrictions budgétaires, qu’en promouvant le vieillissement actif sous toutes ses formes" (conclusion du rapport), autour des thématiques : emploi, participation à la société, solidarité intergénérationnelle, autonomie et santé.

- Les initiatives de reconnaissance au cours de l'année 2012 :
http://www.silvereco.fr/annee-europeenne-2012-la-commission-met-a-lhonneur-les-initiatives-mises-en-place-en-faveur-du-vieillissement-actif/312714